Comment composer mon portefeuille boursier? (suite)

portefeuille boursier suite

Ceci est la suite de notre premier article sur la composition de portefeuilles boursiers. Pour que cette composition soit efficiente, il convient de tordre le cou une fois pour toutes à certaines croyances :

« Je multiplie les lignes d’actions dans un souci de diversification et donc de diminution du risque de mon portefeuille ».
La diversification doit, selon la théorie financière, soit permettre de diminuer le risque pour un niveau donné de rentabilité espérée soit d’améliorer la rentabilité espérée pour un niveau de risque donné. Cet objectif n’est pas atteint en multipliant les lignes d’actions dans tous les sens car il n’est possible d’y parvenir qu’en prenant notamment des actifs mobiliers peu corrélés entre eux ou mieux non corrélés entre eux autrement dit en prenant des actifs tels que lorsque l’un monte, l’autre baisse (en prenant un raccourci rapide…). Si vous multipliez les lignes d’actions à forte corrélation, votre diversification est insuffisante mais vous enrichissez votre banquier ou votre courtier via les frais générés par ces achats. De manière plus précise, toute action présente un risque de marché et un risque spécifique : lorsque nous écrivons que votre diversification est insuffisante, c’est uniquement en regard du risque de marché mais vous opérez toutefois une diversification au niveau du risque spécifique ;

« Tant que je n’ai pas vendu, je n’ai rien perdu et de toute façon à long terme, les actions rapportent davantage que les placements sans risque ».
Effectivement mais tout dépend toutefois du long terme : les investisseurs de 1929 ont dû attendre le début des années 50 pour récupérer leur mise…Examinez le niveau de certains indices en 2000 et en juillet 2009, période beaucoup plus proche mais révélatrice. Chacun a sa propre perception du long terme mais personnellement, je tiens quand même à profiter un peu de mes placements…La règle à suivre : l’émotionnel n’a pas sa place dans les placements, seule la partie rationnelle de votre cerveau doit être active et doit prendre les décisions : si les paris effectués sont mauvais, qu’ils soient basés sur une analyse fondamentale ou technique d’ailleurs, vous devez fermer vos positions. Le reste, ce sont des mots sans intérêt : seule la froideur de la rationalité compte ;

« Les obligations et les SICAV, ce n’est pas pour moi ».
Avoir des aprioris contre ou pour certains actifs mobiliers est contre-productif et relève de l’émotionnel. La seule manière à long terme de générer de l’alpha (autrement dit de la surperformance) est de détecter les anomalies par rapport à la valeur intrinsèque (vous avez compris que je suis partisan de l’analyse fondamentale…) ou d’avoir de très bonnes bases d’analyse technique. L’approche fondamentale s’applique à tous les actifs (mobiliers et immobiliers d’ailleurs). Lorsqu’en mars dernier, il était possible d’acquérir des obligations d’entreprises (corporate bonds) triple ou double A avec des taux de rendement internes nets (après impôts et frais de courtage) sur une base annuelle entre 6 et 7% pour les 3 années à venir, il fallait profiter des soldes ! Croyez-moi j’ai fait le plein et je m’en félicite. Idem pour les obligations à haut rendement (high yield bonds), personne n’en voulait, ce segment de mon portefeuille dégage 27% de plus-value potentielle depuis mars 09 hors intérêts. Que demander de plus ? ;

« Je suis tranquille, j’ai un banquier privé et ce dernier compose et suit mon portefeuille mais essentiellement avec des SICAV de la banque qui l’emploie ».
Vous avez certainement reçu une mauvaise carte de visite : vous avez reçu celle avec banquier privé au lieu de délégué commercial. Désolé…pour vous mais une seule banque qui monopolise les premières places dans tous les segments de marché, cela n’existe tout simplement pas ! Dès lors, devinez qui paie et qui reçoit les commissions… Si vous êtes dans ce cas, comparez vos SICAV avec les produits équivalents via le site www. morningstar.be ou mieux à certains trackers adoptant une stratégie de placement identique à celle de votre banquier privé (voir également l’article « SICAV ou trackers ? »). Dans tous les cas, préférez un banquier privé qui pratique l’architecture ouverte c’est-à-dire sélectionnant les produits sensés vous convenir le mieux et non uniquement ceux émis par sa banque ;

« Pas de problème, je suis les conseils d’analystes renommés grâce à mes abonnements ».
Sachez que les experts, les stratèges en placements qui régissent les décisions de certains investisseurs passent de l’optimisme béat au pessimisme noir, de la reprise V à celle en W, du simple dip au double dip en un temps record ! En tant qu’experts n’ayant pas vu venir la crise, certains voient la reprise économique mais pas leur méprise… Conséquence, vous les écoutez d’une oreille (une lueur parfois…) et vous achetez un bon bouquin d’économie et un second d’analyse financière de base pour développer votre sens critique. C’est un investissement très lucratif mais à long terme.

Que retenir de ces quelques lignes ?

Investissez en ayant une perception globale de votre patrimoine et de vos responsabilités familiales et sociales ;

Investissez après avoir analysé les différentes classes d’actifs sans à priori aucun, ne suivez pas aveuglément les recommandations des « analystes auto-proclamés » des feuilles de placement ou les soi-disant experts des sites Web dont la grande majorité n’a rien vu venir ;

Investissez dans les classes d’actifs à faible corrélation et selon une stratégie à laquelle vous adhérez pleinement ;

Investissez le même montant chaque mois ou chaque trimestre dans des fonds ou dans des trackers correspondant à votre profil de risque si l’analyse financière de base vous rebute ou si le timing d’acquisition vous paraît relever de la science divinatoire ou si, tout simplement, vous manquez de temps ;

Investissez du temps dans le suivi de votre portefeuille sinon vous aurez généralement de mauvaises surprises. C’est comme pour votre conjoint…mais si vous investissez trop de temps dans le suivi des marchés et de votre portefeuille, vous aurez également de mauvaises surprises mais avec votre conjoint cette fois….tout est une question d’équilibre finalement.

Article écrit par Jean-Louis


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