Comment composer mon portefeuille boursier?

Trader fier de lui

Suite à plusieurs demandes d’éclaircissements sur la composition d’un portefeuille boursier, il nous est apparu nécessaire de préciser certains concepts.

Pour notre part, un portefeuille boursier comprend à la fois des actifs mobiliers risqués (actions, obligations d’entreprises, produits dérivés,…), des actifs mobiliers non risqués (des bons de caisse, des obligations d’Etats – encore que les emprunts de certains Etats sont proches des obligations pourries – mais également des contrats d’assurance (investis soit en actions soit en obligations soit dans un mix des deux), des actifs immobiliers, des liquidités, des dettes, etc.

L’analyse d’un portefeuille doit intégrer notamment ces éléments : le portefeuille d’un jeune célibataire ou celui d’un couple de 40 ans avec 3 enfants ne peut pas être appréhendé de la même manière puisque les objectifs au niveau protection et garantie des revenus seront évidemment très différents.

La plupart des portefeuilles soumis ne contiennent que des actifs mobiliers risqués. Nous ne pouvons donc que vous donnez un avis individuel sur chacun de ces actifs sans pouvoir le « resituer » dans un contexte global ce qui limite fortement la portée de tout conseil. Même en tenant compte de cette limite, il est très difficile de porter un jugement sur votre portefeuille car une série d’éléments sont manquants :

Votre sensibilité au risque

Avez-vous plutôt un profil agressif, équilibré, dynamique ou conservateur ? Ce degré d’aversion au risque est purement personnel : deux individus de même âge, de même formation, de même statut social et de revenus identiques peuvent avoir une sensibilité au risque tout-à-fait différente. Logiquement, leur portefeuille devrait être architecturé différemment. Le pire est évidemment de se tromper : sélectionner des actions risquées mais de qualité alors que la sensibilité au risque est importante ;

Votre profil d’investisseur

Le portefeuille d’un day trader, d’un swing trader ou celui d’un investisseur de type growth ou d’un investisseur de type value seront fondamentalement différents. Les traders parient essentiellement sur des mouvements à très court terme ou à court terme sur base de l’évolution de certains indicateurs techniques (mathématiques, figures) reflétant le sentiment du marché ou la psychologie du marché et ne se sentent absolument pas concernés par la valeur intrinsèque ou fondamentale des titres. Ils sont donc persuadés qu’il est possible et donc rentable de détecter l’évolution à très court terme des actifs risqués. Un day trader ferme ses positions chaque jour et un swing trader le fait sur quelques jours. Ces portefeuilles ne sont pas « analysables » car le temps de publication sur le site et d’analyse sont tels que l’environnement technique a évolué entretemps. Ne sont donc concernés que les investisseurs value et growth.

Un investisseur value est celui qui essaie de détecter un actif mobilier dont la valeur de marché est nettement inférieure à la valeur intrinsèque ou fondamentale et qui espère que le marché se rendra compte de son erreur. Dès lors, le marché corrigera cette sous-évaluation anormale ce qui se traduira logiquement par une hausse significative des cours.

Les investisseurs growth sont ceux actifs dans des segments de marché en croissance. Ces deux types d’investisseurs sont préoccupés par la valeur fondamentale et ont un horizon de placement de moyen/long terme. Nous sommes dans ce canevas d’analyse uniquement. Nous attirons votre attention qur le fait que plusieurs études indiquent qu’il est, à long terme, difficile de battre le marché et que dès lors, il est préférable d’acheter le marché via un ou des trackers par exemple. Toutefois, certains investisseurs de type value bien connus comme Warren Buffet battent de manière régulière le marché mais tout le monde n’a pas son talent… ;

Stratégie de placement

Un portefeuille boursier doit être le reflet d’une stratégie donnée autrement dit il doit être constitué à partir de décisions que vous prenez maintenant en fonction de vos anticipations de l’avenir. Nous voyons certainement l’avenir différemment. Dès lors, l’analyse d’un portefeuille devient très personnelle : il doit au moins y avoir un consensus minimaliste. De manière générale, bien que notre environnement économique actuel soit très perturbé et d’une visibilité macroéconomique réduite, des tendances lourdes doivent / devraient être intégrées dans tous les portefeuilles dont notamment :

le vieillissement de la population avec ce qui cela implique en termes de dépenses de soins de santé, de maisons de retraite mais également au niveau de la fragilité à terme du financement de nos systèmes occidentaux de protection sociale. Toute tendance lourde contient à la fois des opportunités de placement et des menaces que vous devriez intégrer dans votre portefeuille, portefeuille défini au sens large du concept. Opportunités de placement dont notamment sur des actions comme Essilor, Orpea, Cofinimmo (dans une moindre mesure), les soins de santé via des actions comme Roche ou des trackers comme le Lyxor ETF DJ Stoxx 600 Healthcare, etc;

la rareté de certaines ressources naturelles qu’elles soient minières ou agricoles sur laquelle vous pouvez miser notamment via le Lyxor ETF Commodities CRB ou des actions comme Vale, BHP Billiton ;

l’émergence d’économies qui prendront de plus en plus d’importance dans la capitalisation boursière mondiale. Nous pensons plus précisément à la Chine, l’Inde et le Brésil. Des trackers spécifiques à ces pays et/ou régions ne manquent pas mais également des entreprises qui y sont actives comme Bekaert, SEB notamment ;

Votre niveau de connaissance des marchés financiers

Et bien-sûr de certaines notions comme la diversification. A l’examen de certains portefeuilles, nous avons l’impression de retrouver des recommandations-types de certaines feuilles de placement bien connues sans qu’il y ait une véritable stratégie sous-jacente, sans qu’il y ait une perception du risque global du portefeuille d’actions en espérant qu’il y ait au moins une connaissance minimale de ce qui est acheté : core business, perspectives de développement, cours/ bénéfice (PER), endettement net/fonds propres (gearing en anglais, c’est mieux paraît-il), ratio cours/fonds propres, positionnement par rapport aux autres acteurs actifs sur le marché, valorisation relative.

Comprenez et analyser ce que vous achetez : si vous croyez détecter la « poule aux oeufs d’or » sans effort mais simplement en consultant un site Web ( animé par des bénévoles par exemple ) ou en vous « offrant » un abonnement à des feuilles boursières, vous croyez toujours au Père Noël ou à Saint Nicolas…

Enfin, n’hésitez pas à lire la deuxième partie de cet article.

Article écrit par Jean-Louis


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2 Commentaires sur "Comment composer mon portefeuille boursier?"

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Jean-Qui-Conte
Invité

Waw, je suis étonné de voir que personne n’a encore commenté cet article, je le trouve excessivement bien fait! Bravo.

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