SICAV ou trackers?

Sicav ou trackers

Afin de compléter l’article de Philippe consacré aux pièges à éviter dans le cadre du choix d’une SICAV, il me semble indispensable de développer certains aspects complémentaires. Partant de l’hypothèse que vous avez décidé d’investir selon une stratégie définie ( actions européennes, actions asiatiques, obligations d’entreprises,..), la première étape consiste à sélectionner le produit d’investissement correspondant le mieux à votre stratégie.

Sans vouloir être provocateur, ceci implique que vous ayez d’une part votre propre vision de l’évolution de l’environnement économique ( pas simple pour l’instant ) et d’autre part, une bonne connaissance de votre profil de risque (défensif, neutre, équilibré, etc).

Les trackers

Si votre but est de faire aussi bien que certains indices connus, il est plus efficient de se tourner vers les trackers, du moins si l’indice choisi est couvert par un tracker évidemment….Quelques recherches sur le Net sont nécessaires mais le recours à ce type de produits est beaucoup plus efficace puisque :

75% des gérants de fonds en moyenne ne font pas mieux que leur benchmark de référence. Autrement dit, en achetant le benchmark via un tracker, vous avez 75% de chances de ne pas vous tromper dans le choix du gérant… ;

les frais d’entrée et de fonctionnement d’un tracker sont nettement inférieurs à ceux de n’importe quel fond. Ce qui vous permet, pour une mise initiale identique, d’investir davantage dans le benchmark de référence et d’accroître votre performance ;

essayez de connaître votre prix d’achat d’une part de SICAV et votre prix de vente de cette même part… C’est relativement peu transparent et l’affirmer est un euphémisme ! Par contre, la transparence est totale pour un tracker puisque vous avez accès au carnet d’ordre ;

tentez de placer un ordre de type stop limit sur un fond : c’est évidemment impossible mais très commode sur un tracker et surtout très sécurisant. Si l’un de vos buts est l’accroissement de votre patrimoine, votre préoccupation essentielle est également sa protection.

Naturellement, les trackers à sélectionner sont ceux présentant les frais annuels les plus faibles, qui répliquent au mieux leur benchmark de référence et dont la liquidité est suffisante. Ce dernier point est fondamental. En effet, un travers de certains trackers et certificats est lié au spread entre le bid et le ask du carnet d’ordre. Si ce spread est trop important, vous allez parfois supporter des « frais » déguisés de plus d’un pourcent à l’avantage de l’organisme assurant la liquidité du marché…et perdre ainsi une bon part de l’avantage financier de ce type d’actif.

D’autre part, la liquidité doit être suffisante pour pouvoir sortir rapidement en cas de problème. Vérifiez donc la profondeur de marché de l’actif considéré et l’évolution du spread bid/ask avant de vous engager.

Les fonds

Si aucun tracker ne correspond à votre stratégie d’investissement, il est alors indispensable de disposer d’un panel de fonds aussi complet que possible et vous ne le trouverez certainement pas auprès d’une grande banque toute disposée à vendre ses propres fonds et à encaisser ses commissions, autrement dit vos petits euros…

Personnellement, j’utilise le site http://www.morningstar.be à partir duquel je ne sélectionne lors de cette étape que les seuls fonds disposant d’un rating xx ou supérieur de manière à gagner du temps.

De manière directe, les fonds sélectionnés sont classés selon le rating Morningstar et le fond disposant du rating le plus haut est sélectionné. Si plusieurs fonds disposent de ce rating le plus élevé, la démarche suivante consiste à prendre en considération le ratio de Sharpe sur 3 ans qui mesure l’excédent de rendement du fond considéré par rapport au taux sans risque, excédent divisé par la volatilité de la performance du fond. En clair, plus ce ratio est élevé, mieux c’est. Par conséquent, le fond disposant du ratio de Sharpe le plus élevé est sélectionné.

La problématique des fonds à capital garanti est résolue très simplement : ces fonds ne conviennent à personne quel que soit le profil d’investisseur considéré ! En effet, en prenant l’hypothèse que vous êtes investisseur et non un profane de l’investissement ( auquel s’adresse ces fonds très lucratifs pour les banques qui les commercialisent…), vous pouvez composer votre propre fond à capital garanti très rapidement et de manière plus efficiente que votre banquier « favori »…

Comment? En décomposant votre placement en deux composantes :

une première composante qui va assurer le capital garanti à l’échéance en prenant par exemple un bon de capitalisation qui vous permet de retrouver votre capital de départ au terme désiré. Une variante plus optimisée de cette première composante est le recours à des obligations d’entreprise de type investment grade offrant un rendement actuariel net supérieur à celui des bons de capitalisation pour reconstituer le capital garanti à l’échéance, obligations sélectionnées tant sur le marché secondaire que primaire.

Naturellement, leurs échéances doivent coïncider avec le terme désiré et il est préférable de disposer de quelques lignes d’obligations pour répartir le risque sur plusieurs émetteurs… L’hypothèse implicite est que vous disposiez déjà d’un capital suffisant pour mener à bien cette variante alors que le recours à un bon de capitalisation peut être envisagé pour des montants même modiques ;

la seconde composante est constituée par un tracker à effet de levier ou un simple tracker sur l’indice considéré, voire d’un mix des deux mais en accord avec votre stratégie d’investissement. Chaque année, vous réinvestissez les dividendes du tracker ou des trackers sélectionnés dans de nouvelles parts de ces actifs.

Le montant à investir dans cette seconde composante est donnée par la différence entre le montant brut hors frais que vous alliez investir dans un fond à capital garanti et le montant investi dans un bon de capitalisation nécessaire à la reconstitution du capital à l’échéance. Quant à la sécurisation de cette deuxième composante, il est nécessaire de prévoir un ordre de type stop limit à certains paliers dès qu’ils sont atteints.

A l’échéance, les parts des trackers sont vendues et votre compte courant est crédité du placement en bons de capitalisation ou des obligations échues en cas de recours à la variante susmentionnée. Ce petit montage est plus performant que les fonds à capital garanti ( moins les frais.. ). Quant à la performance, elle n’est pas limitée non plus, à l’inverse de beaucoup de fonds à capital garanti…

Une dernière remarque pour terminer : cet article ne couvre pas la problématique des fonds fermés qui est tout autre et qui nécessiterait un développement spécifique.

Il est évident que mon portefeuille personnel ne contient que très peu de SICAV et pas du tout de fonds à capital garanti sauf mes fonds « home made »…

Article écrit par Jean-Louis


Ne manquez plus rien !

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz