Analyse de la biotech Celyad

Comme plusieurs de ses consœurs, la biotech Celyad relève du sous-secteur de l’immunothérapie. Il s’agit essentiellement d’isoler et charger des cellules immunitaires (des lymphocytes) capables de détruire des cellules oncogènes (cancers).

Pour ce faire, Celyad recourt à une plate-forme technologique unique inspirée des fameuses cellules NKR, destructrices des cellules infectées ou anormales. Le cancer pris à son propre jeu en quelque sorte…

Nous l’avons vu au cours des présentations précédentes, la lutte contre les cancers par immunothérapie, bien que développée par des stratégies et des outils divers, se pose comme un facteur déterminant de la recherche médicale et de ses avancées.

Outre leur caractère thérapeutique, il s’agit aussi d’une réduction de la charge invasive par rapport aux chimiothérapies, radiothérapies de référence. Mais, nous l’avons vu aussi, les acteurs investis en biotechnologies anti-cancéreuses sont nombreux, notamment en Belgique.

Quelle place Celyad occupe-t-elle dans ce paysage ?

La stratégie est ici particulièrement prometteuse. En effet, plutôt qu’un simple ciblage d’une tumeur à éradiquer, le projet principal en cours de validation clinique, le CYAD-01 pourrait y ajouter une action ciblée sur l’environnement tumoral (les vaisseaux sanguins notamment). Ce produit-phare pourrait répondre à 80% des cancers (solides ou hématologiques) !

Pourtant, le titre Celyad, coté à Bruxelles, à Paris et aux Etats-Unis, se trouve fréquemment chahuté. Quelques chiffres plutôt impressionnants l’illustrent : entre mai et octobre 2016, le titre chute de 51,60€ à 14,82€, puis reprend des couleurs pour remonter, un an plus tard, à 42,48€, puis 51,85€, avant de retomber à son cours actuel, autour de 33,50€.

C’est que l’espoir suscité par la biotech est immense. Aussi, bonnes et moins bonnes nouvelles provoquent des écarts qui peuvent apparaître disproportionnés.

Fin 2017, le groupe dégageait 60 millions d’euros de liquidités, de quoi, selon le groupe, financer ses recherches et développements au moins jusque début 2019. Certes, des collaborations existent en vue d’accroître les revenus de ses candidats médicaments, mais la biotech doit, pour ce faire, mettre la main au portefeuille.

L’analyse scientifique

Le CYAD-01 est le produit-phare de Celyad. Nous en avons déjà évoqué les promesses et les premiers résultats encourageants. Le produit est actuellement en cours d’une première phase d’observation clinique en Europe et aux Etats-Unis, à partir de patients atteints de cancers (colorectal, de l’ovaire, de la vessie, du sein et du pancréas + deux formes de leucémie) – Etude THINK-, et a clôturé de façon positive la phase I d’étude clinique pour deux types de leucémies représentant 50% des cancers du sang et de la moëlle osseuse.

Outre ce produit, on trouve dans le pipeline de Celyad le CAR-T B7H6 actuellement en phase préclinique de vérification de l’efficacité d’un anticorps sur différentes tumeurs. Le CAR-T B7H6 est complété par le CAR-T NKp30.

On trouve aussi un programme ambitieux : la création d’une banque de lymphocytes T génétiquement modifiés et issus de patients sains.

Parmi les partenaires de Celyad, on citera Novartis, Celdara Medical et le Darmouth College, pionnier des recherches technologiques développées par Celyad via « son » Professeur Sentman.

Tableau Celyad


Le point de vue économique

La capitalisation boursière de Ceyliad s’élevait, fin 2017, à 341 millions d’euros. Parmi les 7 analystes qui suivent l’action, 6 sont à l’achat ou à « surperformer » et le dernier à « conserver ». L’objectif moyen de cours est à 52,2€. Pour rappel, le titre oscille autour des 33,5€ actuellement.

L’évolution en dents de scie du cours de l’action Celyad illustre bien le paradoxe de la biotech de Mont-Saint-Guibert : à la fois disposer d’une technologie probante et prometteuse pour le développement de médicaments innovants en matière de cancers, mais avec des produits et projets qui sont en phases initiales et encore relativement loin de la commercialisation. Aussi, l’avenir de Celyad tient dans un pari scientifique et financier.

L’autre paradoxe est que cette action si volatile, objet de nombreuses spéculations, se justifie probablement dans une perspective de long-terme. Si la technologie se développe comme prévu, si les partenariats (et l’une ou l’autre levée de fonds, dès la première bonne nouvelle à venir ?) permettent de poursuivre l’activité de recherche, Celyad pourrait devenir un incontournable de la lutte contre les cancers, grâce à une technologie non-invasive et à large action.

Les points forts

Une technologie réellement innovante qui recouvre des projets ambitieux

Un haut potentiel intrinsèque

Les points faibles

La volatilité extrême, liée au pari scientifique et financier d’une même catégorie de produits.

Le niveau d’avancement des étapes de validation, actuellement éloigné – sauf surprise – d’une commercialisation à court-terme, et ce avec une trésorerie garante de la poursuite des activités jusqu’en 2019, selon ses dirigeants.

Des résultats financiers qui s’en ressentent.

Dès lors, si nous devions nous positionner sur ce titre, nous pourrions investir dès à présent, mais sans excès, et conscients que les surprises peuvent survenir, notamment de possibles effets de dilution en cas de levée de fonds. Il reste que Celyad poursuit un programme ambitieux et que sa cote actuelle reflète davantage les risques que ses potentialités.

Une mention particulière pour le site Internet de Celyad, dynamique et très bien conçu à l’attention du grand public et des scientifiques.

Vous découvrirez ci-dessous une analyse technique sur l’action :

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