Bone Therapeutics : analyse fondamentale

Bone Therapeutics diffère des précédentes biotechs (Ablynx, Argen-x, Asit et Biocartis) par sa spécialisation. La société de Gosselies se centre en effet sur la thérapie cellulaire osseuse.

Quand on connaît la forte prévalence des maladies osseuses et orthopédiques dans la population, il est évident que la biotech cible un public important.

A cette priorité s’ajoute le ciblage de maladies, même rares, pour lesquelles les besoins médicaux sont importants. Il y a là une véritable préoccupation de santé publique, y compris pour des maladies peu rémunératrices sur un plan commercial du côté des sociétés pharmaceutiques.

C’est le cas du PREOB, déjà qualifié (tant en Europe qu’aux Etats-Unis) de médicament orphelin de la maladie dite « des os de verre » (bien que non-encore commercialisé).

Ce lundi, la société annonçait l’entrée en phase IIA de l’ALLOB pour faciliter la fusion vertébrale. Ceci lui permet donc d’entamer une nouvelle phase, dont les résultats devraient aboutir mi-2019, après une période d’observation (efficacité et sécurité) de 12 mois.

Dans la foulée des résultats prometteurs de la phase d’observation, il s’agissait d’une bonne nouvelle. Les marchés ont d’ailleurs salué l’annonce et le titre a gagné plus de 2%.

L’analyse scientifique

Bone Therapeutics recourt à une méthodologie très spécifique et peu invasive. Le prélèvement cellulaire (souches de moelle osseuse) s’opère à partir de sujets sains et fait ensuite l’objet de recherches et d’expériences ex-vivo (« en dehors du vivant »).

La recherche porte sur des cellules différenciées, dont la combinaison peut renforcer ou faciliter l’action réparatrice des ressources thérapeutiques de référence.

Si la commercialisation de produits-phares est en attente, leur développement pourrait engendrer l’extension de nouveaux champs et indications, portés par une équipe dynamique et qualifiée.

Deux types de produits coexistent dans le pipeline de Bone Therapeutics : l’ALLOB (fusion vertébrale, actuellement en phase IIA ; fractures avec retard de consolidation, actuellement en phase IIIA), et le PREOB, destiné (outre la maladie des os de verre) à la nécrose osseuse de la hanche. Mais ces traitements sont promis à de futures extensions d’indications et de développement. En ce sens, l’espoir est important de voir se renforcer le pipeline.

D’où l’importance pour la biotech d’avoir réussi à constituer l’échantillon nécessaire de patients pour la phase IIA de son produit ALLOB.

Tableau Bone Therapeutics



Le point de vue économique

Lorsqu’il s’agit de produits et de dérivés prometteurs, mais non-commercialisés, on comprend que la pérennité de la société exige des apports financiers conséquents. L’appel aux investisseurs institutionnels fin 2017 a connu des déboires. Dans le chef du dirigeant, on parle déjà d’un refinancement via un nouvel appel aux actionnaires. Une (nouvelle) augmentation de capital probable donc d’ici-mi-2018 ?

Bone Therapeutics apparaît comme l’une des biotechs belges les plus « opables » du marché. Un besoin d’apports financiers, conjugué à une maîtrise technologique ciblée et crédible justifierait parfaitement ce « happening », plutôt qu’une fusion (on ne voit d’ailleurs pas avec qui).

Mais il subsiste une autre perspective qui pourrait bousculer tous les pronostics : dans les prochains mois (mi-2018) devraient paraître les résultats de la phase III du PREOB pour le traitement des nécroses osseuses. Si le résultat est positif, on pourrait entrevoir une validation du traitement dès ce stade ! Ce sera sans doute tout ou rien pour la biotech.

Les points forts de Bone Therapeutics

Des produits prometteurs et qui sont en phase positive de validation et de développement ;

Une spécificité dans le domaine des maladies osseuse et orthopédiques, via une technologie unique et peu invasive.

Un possible accord mi-2018 sur la commercialisation plus rapide que prévu du PREOB comme traitement de l’ostéonécrose.

Une crédibilité scientifique indéniable.

Les points faibles de Bone Therapeutics

Un besoin urgent de liquidités. L’augmentation de capital lancée à la fin de l’année 2017 a essuyé des revers : certains investisseurs institutionnels ont fait défaut. La biotech ne serait viable que jusqu’à la mi-2018.

Même dans un contexte favorable au développement de produits-phares, leur commercialisation, en attente, engendre une volatilité boursière et donc une instabilité et de l’incertitude pour les investisseurs.

La perspective d’une prochaine augmentation de capital, dont l’action dilutive ne renforce pas l’attrait à court-terme.

Une situation difficile propre à la multiplicité des biotechs belges, où seules celles qui se sont suffisamment entourées de partenariats solides, et qui ont déjà traduit leurs acquis par des produits commercialisés et une réputation internationale majeure, émergeront à moyen et long termes.

S nous devions nous positionner sur le titre, nous resterions à l’écart, dans l’attente d’une meilleure situation financière et d’au moins une validation intermédiaire, à moins de spéculer sur une OPA, déjà nombreuses pour ce secteur en Belgique. Ou parier sur le développement surprise du traitement PREOB dont nous avons parlé. On pourrait se positionner à l’achat dans cette éventualité.

Nous y croyons donc, grâce à la qualité intrinsèque de la société. Bone Therapeutics pourrait bien surprendre dans les mois qui viennent. Cela dépendra des aléas qui se présenteront. Et en particulier de son assise financière.

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