Comment chercher un ETF? La question paraît simple mais beaucoup de lecteurs me demandent comment ils peuvent chercher et trouver un tracker, et ensuite évaluer sa qualité. Voici une méthode très simple pour trouver les ETFs qui conviennent à votre profil d’investisseur.

Comment chercher un ETF?

Pour chercher un ETF, et surtout trouver celui qui vous convient, il y a deux possibilités :

La recherche Google, en effet, n’est valable que si vous connaissez déjà le nom ou le code ISIN du tracker que vous cherchez. Mais comment trouver, par exemple, l’ETF le moins cher qui réplique les sociétés pharmaceutiques américaines?

Dans ce cas, comme on sélectionne plusieurs critères, Google risque de nous renvoyer des résultats assez peu fiables, ou alors dépassés chronologiquement.

Pour chercher un ETF de façon efficiente, il faut donc utiliser un screener d’ETF spécialisé.

Le screener d’ETF

Un screener d’ETF, comme celui de JustETF.com, permet de chercher un ETF par critères bien précis.

Il existe une kyrielle d’autres screener pour chercher un ETF mais j’utilise souvent celui-ci car je le trouve ergonomique, très complet et facile d’utilisation.

Pour trouver un ETF on peut utiliser un screener d'ETF
Le screener d’ETF de justetf.com

N’ayant aucun contact avec ce site, je précise que ceci ne constitue absolument pas une publicité pour eux.

Une fois sur la page du screener, comme on peut le voir sur l’image ci-contre, la colonne de gauche permet de sélectionner l’actif que vous voulez répliquer (equity = actions, bonds = obligations), ainsi que le secteur, comme les métaux précieux, les matières premières (commodities) ou encore l’immobilier (real estate).

Quand vous cliquez sur Equity par exemple, un sous-menu se déroule.

Quelques critères de sélection des ETF sur le site justetf.com
D’autres critères de sélection

Il permet d’affiner la recherche en choisissant la région et le pays désirés, le secteur, la stratégie (par exemple croissance, valeur, dividendes, etc) ou le thème de l’ETF (par exemple l’eau, les biotechs, la cybersécurité, etc).

Sous ce menu principal, il y a aussi un autre menu qui permet de faire une recherche encore plus précise en classant les actifs par âge, devises, taille ou, pour nos amis français, éligibilité au PEA.

C’est très pratique. Tout en bas, vous découvrirez même une partie sur les ETFs short (pour parier sur la baisse du produit sous-jacent) et les ETFs à effet de levier. Dans les deux cas, je vous déconseille ce genre de produits très risqués et souvent à réplication synthétique.

La réplication du tracker

La type de réplication de l’ETF est pour moi l’un des critères les plus importants pour sélectionner un bon ETF, avec les frais.

Il existe deux types de réplication :

  • Réplication physique : l’émetteur possède réellement les actifs que le tracker réplique. Par exemple, s’il réplique le CAC40, l’émetteur possède réellement toutes les actions qui composent l’indice. S’il réplique le cours de l’or physique, l’émetteur possède des lingots dans un coffre-fort.
  • Réplication synthétique : l’émetteur réplique artificiellement le cours de l’actif sous-jacent grâce à des swaps. C’est beaucoup plus risqué en cas de défaillance ou de faillite de l’émetteur. Mieux vaut éviter ce type de produits en général.

Dans le screener, une fois les critères de sélections établis et que vous avez cliqué sur le tracker qui vous intéresse, vous obtenez une fiche signalétique qui reprend les éléments principaux : le type de réplication, la devise, le type de distribution des dividendes, le domicile de l’ETF, etc. Voyez l’exemple ci-dessous.

Fiche signalétique d'un ETF
Ici, l’ETF est synthétique, ses dividendes sont capitalisés (accumulating) et ses frais sont de 0,49%.

Les frais de l’ETF

Les frais sont primordiaux. Sur du long terme, ce sont en partie eux qui font la différence entre un rendement correct et un excellent rendement. Ils sont souvent pris trop à la légère par l’investisseur.

Les frais d’un tracker sont appelés expense ratio en anglais et s’entendent par an, mais sont automatiquement prélevés tous les mois de son cours de bourse. Vous ne les “apercevrez” donc jamais.

Les frais d’un ETF sont bien plus faibles que ceux d’une obligation. Ils varient généralement entre 0,05% et 0,70%, mais rarement plus.

Pour à peine 0,07% et une réplication physique, vous pouvez par exemple vous payer un tracker sur le S&P 500 et ainsi participer aux taux de croissance incroyables d’Apple, Amazon, Facebook, Microsoft, AMD, ou Google/Alphabet.

Vous pourriez me rétorquer : Nathanaël, tu exagères, entre 0,07% et 0,7% par an, il n’y a pas une si grande différence.

Si.

Faites le calcul avec un tableau excel. Vous verrez qu’avec la puissance des intérêts composés, la différence se comptera en centaines, voire en milliers d’euros au bout de plusieurs années.

Les intérêts composés sont la plus grande force de tout l’univers.

Albert Einstein

L’émetteur du tracker

L’émetteur est la société qui a créé l’ETF et qui le gère. Les plus gros émetteurs mondiaux sont Charles Schwab et Vanguard (tous deux américains), ainsi que BlackRock avec ses trackers iShares, Invesco, SPDR, et, dans une moindre mesure, la Société Générale avec les ETFs Lyxor et le Crédit Agricole avec Amundi.

Les trackers Schwab n’étant pas accessibles en Europe, j’opte assez souvent pour les marques iShares, Vanguard, SPDR ou Invesco.

L’émetteur est important, puisque plus il est solide financièrement, moins il risque la faillite, et, par conséquent, moins vous risquez de perdre votre argent.

La liquidité de l’ETF

La liquidité d’un ETF est également un point important. La liquidité correspond grosso modo au volume d’échange du tracker sur les places boursières.

Plus elle est élevée, plus un grand nombre de titres s’échangent au quotidien, et plus ce sera facile pour vous d’acheter ou vendre l’ETF.

Pour vous faire une idée de la liquidité d’un tracker, vous pouvez observer les volumes d’échanges dans la plateforme de votre courtier.

350 millions : un ETF de taille moyenne

Vous pouvez également tenir compte de sa taille. Vous trouverez cette information dans le screener, quand vous cliquez le titre de l’ETF choisi.

Sur l’image ci-dessus par exemple, on découvre un tracker de taille moyenne, avec une capitalisation de 350 millions d’euros. En règle générale, on considère que :

  • De 0 à 100 millions d’euros : petite taille
  • De 100 à 499 millions d’euros : taille moyenne
  • De 499 millions d’euros et au-delà : taille importante

Retenez que plus la taille d’un ETF est grande, plus il sera liquide et donc facilement négociable.

Distribution ou capitalisation?

Dans un tracker, les dividendes sont soit distribués (souvent 2 ou 4 fois par an), soit capitalisés. Les anglais disent accumulés (accumulating dans le screener).

S’ils sont distribués, vous paierez bien entendu un précompte local sur les dividendes. Celui-ci est de 30% sur un compte-titres, que vous soyez belge ou français. Attention, pour ne pas payer la double imposition, il faut que le tracker soit domicilié en Irlande ou au Luxembourg.

Par contre, s’ils sont capitalisés, les dividendes seront automatiquement réinvestis par le gestionnaire de l’ETF : le montant perçu viendra gonfler le cours de bourse du tracker.

Les trackers de capitalisation domicilés en Irlande ou au Luxembourg sont donc idéaux pour ceux qui ne veulent pas payer la moindre taxe sur leurs dividendes.

Le domicile du tracker

Le domicile d’un ETF est tout simplement l’endroit où il est enregistré. Comme on vient de le voir, l’idéal étant de l’être dans un pays fiscalement favorable comme l’Irlande ou le Luxembourg.

Cette information est facilement vérifiable dans le résumé du screener, qui reprend tous les principaux points (voir photo d’écran à la rubrique “la réplication du tracker”).

Le document-clé de l’ETF

Le document-clé, factsheet en anglais, en plus de se retrouver dans notre screener, est toujours disponible sur le site de l’émetteur du tracker. Il reprend un nombre de détails plus élevé, comme le nombre de sociétés qui composent le tracker, leurs noms et leur allocation en pourcentage.

Documents for…

Un tracker américain sur les nouvelles technologies peut par exemple contenir 8% de Apple, 7% de Microsoft, 6% d’Alphabet, 5% de Nvidia, etc.

Dans le screener, quand vous avez trouvé et cliqué sur le produit qui vous intéressait, il suffit de scroller jusqu’en bas de l’écran. Là, vous avez une partie intitulée Documents for/Nom du tracker, qui reprend notamment les rapports annuels, le document-clé ou le prospectus de l’ETF.

A vous de jouer

Chercher un ETF de bonne qualité n’est finalement pas si difficile avec un minimum de méthode. Bonnes recherches !

Si vous désirez en savoir encore plus sur les trackers au niveau du type de réplication, de leur liquidité, des PEA, de leur taille, de leurs places de cotations, de leurs documents-clés, etc, vous pouvez plonger dans cet article :

TOUT Savoir Sur Les Trackers : PEA, Réplication, Liquidité, Domiciliation, Places Boursières, KID… Vraiment Tout!

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