Le Coronavirus... Avant toute chose, et même si c’est évident, il faut préciser que j’écris ces lignes en méconnaissance de cause. Il serait irresponsable d’engager un pronostic sur l’évolution de cette épidémie, tant dans ses aspects épidémiologiques que pour ses conséquences potentielles pour l’Économie.

Que sait-on, ou croit-on savoir, à ce stade ?

Le développement du virus 2019-nCoV à l’échelle humaine provient d’une transmission par mutation de l’animal à l’Homme. Cette mutation se serait produite dans la région de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie.

D’autres formes de ce virus se sont déjà développées chez l’homme. : le STRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) en 2002-2003 et le MERS depuis fin 2012 en Moyen-Orient. Celui-ci est d’ailleurs toujours en activité.

Pour le moment, le Coronavirus est un simple virus comme celui-ci...
Un virus quelconque

A l’heure actuelle, le virus ne semble pas s’être développé au-delà des frontières. Les cas recensés ont tous un lien avec la Chine. Ceci s’explique sans doute par les mesures de confinement prises à l’échelle internationale. Mais on peut aussi espérer par-là que le virus ne soit pas extrêmement agressif, du moins pour l’instant.

Dans l’état actuel des connaissances, le taux de mortalité serait de 3%, mais ce pourcentage n’est calculé qu’à partir d’un nombre restreint de cas.

Par comparaison, le SRAS a affiché un taux de mortalité de 9,5% (774 décès sur 8.096 personnes atteintes) et le MERS a jusqu’à présent provoqué 858 décès sur 2.794 personnes atteintes, soit un taux de mortalité de 34,5%.

Quant à la grippe saisonnière, souvent citée pour relativiser la virulence du coronavirus « chinois », le taux de mortalité en France en 2019 était de 0,1%. La grippe est en effet nettement plus répandue et cette comparaison me semble peu judicieuse.

Il semble que les cas détectés – ceux chez qui la maladie se déclare – concernent des personnes ayant des facteurs de comorbidité déjà présents, comme une immunodéficience ou d’autres pathologies. Mais c’est à confirmer.

Le délai d’incubation (la période entre la contamination et l’apparition des symptômes) serait au plus de 14 jours.

Ce que l’on ignore toujours sur le Coronavirus

C’est pourtant la question majeure : le degré de contagiosité. A l’heure actuelle, il n’est pas encore possible de déterminer à partir de quel moment un sujet contaminé asymptomatique est susceptible de transmettre le virus.

Les autorités chinoises ont prétendu qu’un sujet contaminé mais en phase d’incubation (donc asymptomatique), pouvait déjà transmettre le virus. L’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) ne s’est pas encore prononcée sur ce point.

Alors, quid d’une mutation éventuelle ? Les mutations d’un virus sont imprévisibles par nature.

Il existe effectivement un risque de mutation(s) du Coronavirus, mais il faut rappeler qu’elle peut aussi avoir pour effet de diminuer l’importance des symptômes.

Par contre, on cherche encore à mesurer le nombre moyen de personnes contaminées par un seul individu atteint, c’est-à-dire le taux de reproduction de base de la maladie. Si ce taux est élevé, on devra s’en inquiéter.

Il sera important de connaître par quelle espèce animale le virus s’est transmis à l’homme. Dans le cas du SRAS, c’était la civette. Et c’est cette découverte qui a permis d’éteindre l’incendie. Dans le cas du MERS, il s’agit du dromadaire. Et c’est aussi ce qui explique pourquoi le virus est toujours actif au Moyen-Orient.

Dans le cas présent, il est question de la chauve-souris, « d’un mammifère » ou encore du serpent.

Bref, on n’en sait encore rien.

Un bouleversement économique en vue ?

Ici aussi, il faut rester prudents.

La Chine se retrouve avec un problème de santé peut-être majeur qui pourrait avoir un impact sur sa population. On imagine les conséquences d’une explosion des cas de Coronavirus sur l’activité commerciale, l’emploi et, bien entendu, la santé pour la 2ème économie mondiale.

Par contagion (!), c’est toute l’Économie mondiale qui pourrait en être affectée. Soit directement via l’extension de l’épidémie (on parlerait alors de pandémie), soit indirectement via la baisse des échanges commerciaux qui surviendraient.

A court-terme, et d’un point de vue strictement économique, la réouverture des bourses chinoises ce lundi et après une semaine d’absence, pourrait bien déclencher un épisode de volatilité extrême sur les marchés.

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L’époque de progrès technologique que nous connaissons a deux revers à sa médaille : côté face, les progrès considérables dans la recherche et les traitements ; côté pile, les déplacements humains rendus de plus en plus aisés et rapides à une population mondiale de plus en plus nombreuse.

Quelle seront les phases-clés ?

Ici encore, il s’agit d’un avis personnel.

  • La première phase sera la survenance (ou non) de cas déclarés dans d’autres pays suite à la contamination par les patients déjà atteints venus de Chine. On est actuellement suspendus aux 14 jours théoriques d’incubation. Si ces cas n’apparaissent pas, on pourra espérer une maîtrise de l’épidémie.
  • La deuxième phase sera le résultat que donneront des médicaments candidats existants et actifs sur le virus (moins sur les traitements symptomatiques, qui sont des adjuvants).
  • La troisième phase, qui est aussi la plus indispensable, consistera dans la façon dont les nations et les continents échangeront et partageront leurs informations et les mesures qui seront préconisées.

Wait, Hope and See…

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