Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse est un ouvrage qui a été publié en 2019 par Jan Longeval. Cet investisseur belge n’est autre que le co-fondateur de EMU Behavioral Value, le premier fonds européen à avoir basé sa stratégie entièrement sur la finance comportementale. Voici mon avis sur son livre.

Ce qui frappe en premier lieu quand on découvre Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse, c’est que, à l’instar de Poor’s Charlie Almanack de Charlie Munger, il ne s’agit pas d’un recueil de stratégies boursières à proprement parler.

L’auteur vous emmènera plutôt sur les sentiers aussi divers que la gestion active et passive, l’importance d’avoir un benchmark, la théorie du chaos ou encore la finance comportementale.

Passons en revue quelques-uns de ces chapitres.

L’importance d’un benchmark

En investissement, l’importance de connaître son benchmark est cruciale. Le benchmark est tout simplement l’indice de référence de l’investisseur.

Par exemple, si vous achetez plutôt des actions sur la bourse américaine, votre benchmark sera le S&P 500. Par contre, si vous êtes plutôt branché actions françaises, il s’agira du CAC 40.

Le livre de Jan Longeval Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse
Le livre de Jan Longeval

Comparez chaque année les performances de vos actions avec ce benchmark. Si le rendement de vos actions est de 20% mais que le CAC 40 a augmenté de 30%, votre performance sera considérée comme négative, même si vous avez battu l’inflation.

Pourquoi?

Tout simplement parce que, si vous ne parvenez pas à battre votre indice de référence, l’achat d’actions individuelles perd tout son sens, et l’achat d’un simple tracker sur le CAC 40 permet d’égaler la performance de votre benchmark.

Je résume ici le chapitre de manière extrêmement condensée. A la lecture, vous découvrirez moults détails, graphiques et exemples.

If you can’t beat them, join them.

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Gestion active vs gestion passive

Jan Longeval enchaîne sur le chapitre des performances de la gestion active, c’est-à-dire le fait de confier ses fonds à un professionnel qui les placera sur les marchés financiers et les gérera à votre place.

Dans les faits, il n’existe qu’un très faible pourcentage de gestionnaires actifs qui parviennent à faire mieux que le marché boursier dans son ensemble sur une période suffisamment longue pour être fiable, c’est-à-dire plus de 50 ans.

Et vous savez combien font mieux que le marché, une fois les frais déduits ?

Seulement 2%…

C’est donc souvent plus rentable d’opter pour une gestion passive pour optimiser les frais et donc battre le rendement de la gestion active, comme je l’avais explicité dans cet article.

Lire aussi : Invesco, Un Gestionnaire d’Actifs De Renommée Mondiale Décoté ?

Le Trading à Haute Fréquence (THF)

Après des chapitres assez complexes sur l’effet papillon et la théorie du chaos, l’auteur s’aventure dans les dérives du THF, ou Trading à Haute Fréquence.

Si vous ignorez ce qu’est le THF, il s’agit tout simplement de systèmes informatiques qui vont passer des milliers d’ordres par secondes dans le but de vous… coiffer au poteau, dirais-je…

Ils sont installés au sein-même des sociétés de bourse, comme NYSE, et sont directement raccordés à l’ordinateur central afin de gagner de précieuses millisecondes pour le passage de leurs ordres.

Jan Longeval ne porte pas les sociétés de THF dans son coeur, les traitant même de vampires de la bourse.

Concrètement, une société de Trading à Haute Fréquence détecte votre ordre à la seconde où vous l’introduisez, achète le titre juste avant vous, et vous le revend plus cher dans la foulée.

Le tout en une fraction de seconde.

Les THF, ce sont ces personnes insupportables qui passent devant vous chez le boulanger et achètent le dernier chausson aux pommes, votre chausson aux pommes, pour vous le revendre plus cher.

J. Longeval – Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse

L’auteur rappelle l’importance primordiale de ne jamais introduire un ordre au marché, sous peine de vous faire scalper par ces cannibales de la bourse.

Le THF est aussi l’une des raisons pour lesquelles le trading des particuliers est un mythe et que l’investissement à moyen/long terme est la seule façon de battre le marché, ou de l’égaler, sur une période de temps suffisamment longue pour être représentative.

Lire aussi : Flow Traders, Un Spécialiste Du THF Pour Miser Sur La Volatilité Des Marchés

La finance comportementale

Après un autre chapitre assez complexe sur la théorie de la complexité (ça ne s’invente pas), l’auteur passe au très intéressant chapitre sur la finance comportementale.

La finance comportementale pourrait être schématisée comme la psychologie adossée à la bourse.

  • Pourquoi adoptent-ils un comportement moutonnier?
  • Pourquoi cherchent-ils uniquement des informations qui confirment leurs convictions?
  • Pourquoi conservent-ils leurs titres perdants trop longtemps et vendent-ils trop rapidement leurs titres gagnants?
  • Pourquoi les pertes pèsent-elles plus lourd que les gains?

Toutes ces questions, et bien d’autres, sont traitées dans ce passionnant chapitre. Jan Longeval étant un expert en finance comportementale, on ressent ici la maîtrise totale de son sujet.

Myopie dans l’aversion aux pertes : les pertes pèsent plus lourd que les gains – les gens cherchent à éviter les pertes à court terme, au détriment des avantages à long terme.

J. LONGEVAL – DIEU NE JOUE PAS AUX DÉS AVEC LA BOURSE

La composition de portefeuilles

Ici on entre vraiment dans le vif du sujet : la partie pratique et concrète sur l’investissement. J. Longeval passe ici en revue des points tels que :

  • L’investissement factoriel
  • L’investissement value
  • L’investissement value – style Warren Buffett
  • Les trackers obligataires
  • Les trackers de distribution et de capitalisation
  • Le portefeuille core-satellite
  • Les frais des investissements & les impôts
  • Etc

C’est une partie que beaucoup d’investisseurs trouveront très intéressante car c’est l’une des plus concrètes. Ils pourront donc facilement l’appliquer à leurs investissements réels.

Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse : conclusion

Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse est un bon livre, écrit par un érudit qui connaît son domaine sur le bout des doigts. Cela se ressent au cours de la lecture, chapitre après chapitre.

Mais attention, il ne s’agit pas d’un “guide pratique pour trader” ou d’un livre qui donne “les 10 meilleurs stratégies pour gagner en bourse”, mais plutôt d’un ouvrage plus profond, traitant de psychologie, de philosophie et même de physique, tout en connectant de façon magistrale tous ces domaines à la bourse.

Dieu ne joue pas aux dés avec la bourse n’est donc pas un livre à mettre entre toutes les mains, mais l’investisseur exigeant et curieux de nature sur des domaines variés trouvera beaucoup de plaisir au cours de sa lecture.

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