Devez-vous privilégier les rachats d’actions propres ou les dividendes? Certains investisseurs détestent les dividendes, d’autres les adorent. En tout cas, ils ne laissent personne indifférent.

Dans le camp de ceux qui ne les aiment pas, on retrouve souvent l’argument – justifié – de la taxe de 30% qui vient amoindrir le montant perçu. Et encore, c’est sans compter la double imposition des dividendes étrangers, qui peut faire baisser le rendement de 40,5%, voire plus dans certains pays.

Alors tout est-il à jeter dans le versement de dividendes? Pas forcément. Dans cet article, je vais donc tenter d’apporter un argumentaire à cette idée répandue du “mauvais dividende”, puis nous évoquerons l’ingénierie financière des rachats d’actions propres.

Explication préalable pour néophytes

Quand une entreprise fait du bénéfice, elle peut soit le réinvestir, soit le garder en réserve, soit en distribuer une partie sous forme de dividende pour récompenser et fidéliser ses actionnaires.

Le jour où le dividende est détaché, appelé “jour ex-dividende”, le cours de votre action baisse de son montant exact. Si par exemple un dividende de 5% est détaché, votre action baissera mécaniquement de 5% ce jour-là. Il faudra ensuite attendre la date de paiement pour que le montant soit réellement crédité sur votre compte-titres.

La taxe de 30%

Les détracteurs des dividendes n’aiment pas le fait que l’état ponctionne 30% sur ce montant de 5%. Vous ne recevrez donc qu’une partie du dividende, équivalente à 70% du montant brut.

Si par contre, l’entreprise avait gardé l’argent au lieu de le distribuer, les investisseurs n’auraient pas perdu ces 30%. C’est encore une fois un argument tout à fait justifié. Mais tout n’est pas aussi simple.

L’intérêt des dividendes

Quand une entreprise fait du profit, elle garde une partie en réserve, appelée les retained earnings, ou bénéfices non-distribués en français. Elle doit ensuite réinvestir cet argent à un taux plus élevé que son return on equity, ou ROE (retour sur fonds propres en français) pour ne pas flouer l’actionnaire.

Si elle parvient à le faire, c’est magnifique : elle crée de la valeur pour l’actionnaire et celui-ci n’a pas besoin d’obtenir des dividendes.

Les rachats d'actions propres sont souvent plus intéressants que les dividendes, mais pas toujours...

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Et si elle n’y parvient pas?

Comme nous explique l’Oracle d’Omaha dans le très bon livre “Le portefeuille de Warren Buffett, si elle n’y parvient pas, alors trois cas de figures sont possibles : 

  • Continuer à réinvestir l’argent à un taux plus bas ; une mauvaise idée ;
  • Acheter de la croissance en rachetant des concurrents ;
  • Distribuer une partie du cash sous forme de dividendes.

Le seul choix rationnel est le 3ème, car l’actionnaire aura alors loisir d’investir ces dividendes à des taux plus élevés (en décomptant la taxe sur les dividendes au préalable).

Si par exemple une firme a un ROE de 8% et que, pour différentes raisons, elle ne parvient plus à investir ses bénéfices pour produire un taux plus élevé que le ROE, il n’est pas insensé, et même logique, de distribuer une partie du cash sous forme de dividendes.

L’actionnaire qui les reçoit aura alors le loisir de réinvestir l’argent sur le marché boursier pour essayer d’obtenir un taux supérieur avec d’autres produits.

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Et les rachats d’actions propres?

Les buybacks (rachats d’actions propres) sont également intéressants, et même souvent plus qu’un paiement de dividende. Du moins si la société achète ses actions à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque.

Pour rappel, si une entreprise dégage 1 milliard d’euros de bénéfice et qu’il y a 100 millions de ses actions sur le marché, le bénéfice par action (BNA, ou EPS en anglais) est de 10€ (1 milliard/100 millions).

Mais si la société rachète ses propres actions, disons 20 millions de titres, pour ensuite les détruire, le bénéfice par action sera calculé non plus sur 100 millions d’actions mais sur seulement 80 millions, augmentant l’EPS à 12,5€.

Il s’agit donc d’une ingénierie financière rentable pour l’actionnaire car celui-ci ne sera pas taxé comme sur les dividendes.

Donc, les rachats d’actions propres, c’est génial?

Oui et non. Comme nous le disions plus haut, pour que cette opération soit intéressante, l’entreprise ne doit pas racheter ses actions à n’importe quel prix. Si elle les rachète à un prix trop élevé, l’EPS sera boosté à court terme mais l’actionnaire s’appauvrira car les capitaux propres diminueront.

Une société qui rachète ses propres actions pour créer de la valeur pour l’actionnaire doit donc toujours le faire à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque. Idéalement, nous voulons qu’elle achète 1€ d’actions pour un prix de 0,5€. Ce précepte est valable pour les entreprises, mais aussi pour les particuliers.

Avertissement : Les informations contenues dans cette analyse ne sont pas des conseils d’achat. Par conséquent, l’auteur ne pourra être tenu responsable en cas de pertes sur le(s) produit(s) concerné(s). Tout investissement comporte des risques de pertes. Pour plus d’infos, voyez nos mentions légales.

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