La Gestion Passive, La Méthode d’Investissement La Plus Simple, La Plus Reposante Et… La Plus Efficace ?

La gestion passive est la méthode d’investissement la plus simple et, paradoxalement, peut-être celle qui fonctionne le mieux. Plusieurs études ont en effet démontré que la majorité des particuliers sous-performaient les indices boursiers quand ils optaient pour un portefeuille d’actions individuelles. Ceux qui privilégient une gestion active, via du trading, obtiennent les mêmes résultats.

La méthode d’investissement la plus simple

Il existe une alternative très à la mode pendant cette dernière décennie : la gestion passive. En résumé, il s’agit d’investir une même somme, très régulièrement, dans un tracker (ETF), qu’on aura soigneusement sélectionné et qui rassemble les éléments suivants :

  • Des frais de gestion les plus bas possibles ;
  • Une réplication physique des actions, et pas synthétique ;
  • Un émetteur solide financièrement ;
  • Une très bonne liquidité.

C’est la méthode d’investissement privilégiée par John Bogle, le fondateur de l’investissement passif et de Vanguard, le premier fournisseur mondial d’ETF.

Il est aussi l’auteur de l’excellent livre qui décrit sa stratégie de gestion de portefeuille : Le petit livre pour investir avec bon sens.

Introduction à la gestion passive

Avant tout, saviez-vous qu’un très faible pourcentage des actions constituant un indice était responsable de la majeure partie de sa performance?

John Bogle, le père de la gestion passive
John Bogle, le père de la gestion passive

En clair, ce sont principalement Apple, Microsoft, Facebook, Amazon et Netflix qui ont poussés les performances du S&P 500 vers le haut pendant ces cinq dernières années.

Partant de ce constat, il est très difficile avec une sélection d’actions individuelles de trouver celles qui feront mieux que cet indice de référence.

Pour pallier le problème, il suffit d’acheter l’intégralité des actions qui composent le S&P 500, ou n’importe quel autre indice.

L’astuce n’est pas de choisir la bonne entreprise. L’astuce consiste essentiellement à acheter toutes les grandes entreprises via le S&P 500, de manière cohérente, et avec des frais très très bas.

Warren Buffett

Les avantages de la gestion passive

Les avantages de la gestion passive par rapport au stock picking :

  • Très bonne diversification du portefeuille
  • On évite une bonne partie des frais de courtage
  • On évite une bonne dose de stress car on ne surveille pas les cours
  • On évite des erreurs de jugement, car on investit mécaniquement, mois par mois

Le point 2 sur les frais de courtage est variable de courtier en courtier. Certains brokers, comme Degiro, proposent par exemple une liste de 200 ETF “gratuits”, c’est-à-dire sans frais de courtage.

Pratique pour l’investissement régulier !

La gestion passive est la méthode d'investissement la plus simple qu'on puisse trouver
Avec la gestion passive, on évite du stress inutile

Quel(s) tracker(s) choisir?

On peut partir sur, par exemple, un tracker sur un indice boursier et un tracker sur un panier d’obligations. Concernant l’indice, si on choisit par exemple le S&P 500 américain, on a le choix entre :

  • Tracker de distribution (iShares ou Vanguard)
  • Tracker de capitalisation (iShares)

Le tracker de distribution, comme son nom l’indique, distribue un dividende avec un rendement actuel de 1,9% brut.

Comme il est domicilié en Irlande, vous ne paierez pas la taxe américaine sur le dividende (15% avec l’accord de double imposition), mais uniquement la taxe belge (ou française), de 30%.

Si vous optez pour le tracker de capitalisation, les dividendes seront taxés à 30% aux États-Unis, puis directement réinvestis par le gestionnaire du tracker.

Vanguard, l’inventeur des ETF

Tous deux sont à réplication physique uniquement, et possèdent un très bonne liquidité.

Il n’y a donc aucune différence entre les deux trackers.

Pourquoi un tracker sur le S&P 500 et pas, disons, sur un indice européen tel que l’Euro Stoxx 50 ?

Simplement car les trackers d’iShares et de Vanguard sur le S&P 500 sont les moins chers du marché : seulement 0,07% de frais annuels, et croyez-moi, sur une longue période, cela fait une grosse différence.

Lire aussi : Le Ishares S&P 500, Excellent Tracker De Moyen Terme

Composition de portefeuille

Il existe plusieurs approches de la gestion passive, selon qu’on ait un profil neutre, agressif ou défensif. On peut par exemple organiser son portefeuille comme suit :

Portefeuille dynamique

  • 100% iShares S&P 500 (ou Vanguard S&P 500)

Portefeuille équilibré

  • 75% iShares S&P 500 (ou Vanguard S&P 500)
  • 20% iShares Core US Aggregate Bond
  • 5% iShares Physical Gold

Portefeuille défensif

  • 60% iShares S&P 500 (ou Vanguard S&P 500)
  • 30% iShares Core US Aggregate Bond
  • 10% iShares Physical Gold

Un petit truc pour ceux qui se demandent comment choisir l’allocation (pourcentage) de chaque poste : vous pouvez investir autant en obligations que votre âge.

Si par exemple vous avez 39 ans comme moi, vous pouvez partir sur 39% ETF obligations et 61% ETF indice boursier.

Ceci n’est qu’une astuce et pas une règle figée dans le marbre. On constate simplement que plus l’investisseur est jeune, plus il aura le temps de “se refaire” en cas de couac et pourra donc opter pour un portefeuille très agressif, c’est-à-dire investit à 90%, voire à 100% en actions.

Si vous désirez obtenir une diversification plus importante que sur le seul marché américain, remplacez simplement le tracker sur le S&P 500 par l’ETF MSCI World.

Si vous ne trouvez pas le tracker d’obligations de iShares chez votre courtier, vous pouvez le remplacer par l’ETF SPDR Barclays US Aggregate Bond, mais ses frais annuels sont un peu plus élevés : 0,17% au lieu de 0,10%.

Investir, c’est comme regarder la peinture sécher ou l’herbe pousser. Si vous voulez de l’excitation, prenez 800 $ et allez à Las Vegas.

Paul Samuelson

À quelle fréquence acheter les trackers?

Le passage des ordres d’achat varie en fonction de chacun et surtout des frais de courtage que vous factura votre courtier. Si vous possédez un compte chez un broker low-cost, vous pouvez vous permettre d’investir la même somme tous les mois.

Sinon, vous serez peut-être tenté de privilégier un ordre d’achat chaque trimestre, voire chaque semestre.

Plus vous investirez régulièrement, plus vous lisserez votre prix de revient unitaire.

Pensez à arbitrer le portefeuille de temps en temps, par exemple une fois par an. Arbitrer signifie vendre ou acheter des actifs pour conserver l’équilibre initial de 75% actions, 20% obligations et 5% or dans le cas du portefeuille neutre.

Seuls les menteurs parviennent à toujours être hors du marché pendant les mauvais moments et à y entrer lors des bons moments.

Bernard Baruch

Alternative : un portefeuille hybride

Vous appréciez certaines actions individuelles et voulez les ajouter à votre portefeuille de trackers? Aucun problème, allez-y.

Dans le jargon financier, on appelle cela un portefeuille core-satellite. Les trackers constituent le noyau dur de votre portefeuille, autour duquel gravitent quelques actions individuelles : les satellites.

N’oubliez pas de comparer chaque année le rendement de votre portefeuille avec celui de votre benchmark, dans ce cas-ci, le S&P 500. Si vous constatez que vous êtes dans l’impossibilité de le battre, revenez à la gestion passive pure.

Conclusion

La gestion passive est une méthode d’investissement idéale pour ceux qui ne veulent pas se compliquer la vie : on passe des transactions à une fréquence choisie à l’avance, sur des produits choisis à l’avance.

De vraies vacances mentales pour l’investisseur.

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11 Comments

  1. Bonsoir Nathanael,

    Comment investir dans la gestion passive quand on a un capital de 150 000 euros à placer ?
    Faut il le faire en une fois ou sur une période plus longue ?

    Merci pour votre retour

    • C’est toujours mieux d’étaler ses achats dans le temps.

      Mais si le s&p500 tombe à un niveau historiquement bas d’ici quelques semaines, vous pouvez très bien investir une somme un peu plus élevée au début, puis étaler les achats mois par mois 🙂

  2. Frédéric

    Cher Nathanael,

    L’ensemble de vos articles, qui sont clairs, didactiques et mesurés. C’est un monde assez fascinant ue vous contribuez à me faire découvrir, et je vous en remercie !

    Cet article en particulier touche à quelques questions que je me pose avant de procéder au premier investissement en Bourse de ma vie.

    Etant donnée l’état actuel des cours, mon désir d’un portefeuille le plus passif possible cède le pas à ce que vous appelez le core-satellite. Il me semble qu’il y a pas mal de (très) bonnes affaires à conclure dont un tracker ne permettrait pas de profiter pleinement vu son caractère non-sélectif, et comme je pars sur un investissement modeste (20.000 euros, la moitié de mes économies), je souhaite optimiser autant que possible mon entrée dans le monde des dividendes.

    Les questions que je me pose sont les suivantes :

    – Si je comprends bien, les trackers basés en Irlande nous permettent, en tant que belges, de ne payer que nos 30% précompte mobilier du fait de la fiscalité territoriale dont jouit le gestionnaire irlandais ? Quid d’autres trackers basés dans les pays avec lesquels nous disposons d’une convention de réduction automatique de la retenue à la source ? Par exemple, je vois que Bolero facilite les formalités à ce niveau avec plusieurs pays, mais cela fonctionne-t-il aussi avec des trackers ?

    – J’ai lu qu’un grand nombre de trackers gérés aux USA étaient devenus inacessibles à cause du KID. Est-ce toujours le cas ? Internet regorge d’informations dans le domaine, et il n’est pas aisé de démêler la fiscalité et la législation quand, de plus, les infomations sont si vite périmées !

    – De manière générale, est-il réaliste d’imaginer un portefeuille core-satellite (trackers et quelques dividend kings) qu’on ne ferait que consulter par mesure de précaution, par exemple une fois par an, voire même encore moins pour du 100% tracker ?

    – Les courtiers en ligne proposent-ils une option pour automatiquement réinvestir les dividendes perçus dans une ou plusieurs actions spécifiques ? Je ne parle donc pas ici des dividendes optionnels. Il s’agirait d’éviter un réinvestissement automatique dans les dividend kings, au cas où ceux-ci seraient trop sur-évaluées au moment du versement du dividende.

    Excusez-moi pour ce long message !

    Bien à vous,

    Frédéric

    • Merci pour vos encouragements 🙂

      Je vais répondre point par point :

      1. Oui, les ETF domicilés en Irlande (même si ils sont émis par une boîte américaine) ne sont imposés qu’en Belgique à 30%. Pareil pour ceux domiciliés au Luxembourg. La convention de double imposition fonctionne aussi avec les trackers.

      2. Ils sont indisponibles à cause du règlement PRIIP de la directive européenne MiFIDII. Ce règlement impose la traduction du “document-clé” du tracker en français. S’il n’est pas traduit, il n’est plus disponible tout simplement.

      3. Oui, le portefeuille core-satellite peut très bien ne se consulter qu’une seule fois par an.

      4. En Belgique et en France, pas à ma connaissance. Je sais que c’est possible chez certains courtiers américains, comme Schwab, mais je n’ai jamais tenté l’aventure d’ouvrir un compte chez eux 🙂

      Cordialement,

      • Frédéric

        Merci beaucoup Nathanael, c’est très clair !

        Un doute demeure pour les trackers irlandais et luxembourgeois : est-ce que cela ne dépend pas du courtier ? Par exemple, Degiro ne permet que la réduction automatique de l’impôt étranger qu’avec les USA. Mais s’il ne s’agit pas ici d’une question de convention mais de simple absence d’imposition en Irlande/Luxembourg, cela veut die que même avec Degiro on ne paie “que” 30% d’impôt en Belgique?

        Dans la même thématique, quid des Pays-Bas ? Je sais qu’ils ont renoncé à la suppression de tout impôt sur les dividendes, mais sommes-nous dès lors dans une situation où 15% sont censés être prélévés de base, qui peuvent se réduire à 0% via la convention ?

        Bien à vous,

        Frédéric

        • Oui, si le tracker est domicilé en Irlande (IE) ou au Luxembourg (LU), on ne paie que la taxe belge (30%). Cela ne fonctionne qu’avec ces 2 pays.

          Et effectivement, comme dans ce cas il n’y a aucun formulaire à remplir, donc cela fonctionne chez Degiro aussi.

          Les dividendes des Pays-Bas ne peuvent être réduits à zéro, c’est la subtilité : pour les belges, la taxe reste à 15%, comme la taxe locale.

          Donc après avoir été taxé localement à 15% puis à 30% belge sur le montant restant, il reste 59,5€ sur 100€ dans la poche de l’actionnaire sur les dividendes hollandais 🙂

  3. Frédéric

    Avec plaisir 😉

    S’il y a un avantage similaire pour Binck, ou Bolero, vous pouvez me fournir votre lien de parrainage aussi.

    J’ai vu que Binck avait une offre de ce ordre à 100 euros, mais apparemment seulement en France :/

  4. Patrick

    Bonjour,

    Est ce que le tracker frais gratuit chez degiro VUTY de Vanguard, peut-il être utilisé à la place de spdr agg bond? Il me semble plus abordable pour le petit portefeuille.

    Cordialement

    Patrick

    • Bonjour,

      Pour le moment, j’éviterais les obligations, même s’il y a encore quelques semaines elles étaient encore intéressantes.

      Cordialement,

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