Hier soir, c’était l’assemblée générale de Berkshire Hathaway, le holding de Warren Buffett, l’investisseur légendaire. Celui-ci a annoncé une perte de 49,75 milliards de dollars au premier trimestre. L’avenir du holding est-il en danger?

Les moins-values non-réalisées du holding

Avant tout chose, il faut savoir qu’une règle comptable américaine datant de 2018 oblige les sociétés cotées à acter toutes les moins-values en tant que pertes nettes dans leur bilan.

Logo Berkshire Hathaway

On comprend donc mieux les 49,75 milliards de “pertes”, soit 30.653 dollars par action de catégorie A.

Dans ce cas-ci, il ne s’agit évidemment pas d’une perte réelle, mais d’une dépréciation sur les quelques dizaines de positions cotées du holding. Dans le jargon, on appelle cela une moins-value non-réalisée.

En d’autres termes, comme dit l’adage boursier bien connu pas vendu, pas perdu, surtout quand on part du principe que Berkshire Hathaway a tendance à conserver ses positions très longtemps…

Et les activités récurrentes?

Les activités récurrentes de Berkshire Hathaway, c’est-à-dire toutes les activités qui ne sont pas liées directement à l’investissement coté en bourse, à savoir :

  • La branche assurances
  • La branche transports
  • La branche soins de santé
  • La branche énergie

Toutes ces activités du holding ressortent en bénéfice au premier trimestre, avec un bénéfice opérationnel trimestriel à 5,87 milliards de dollars, soit une augmentation de 6% par rapport à l’année 2019.

Le CEO et président de Berkshire Hathaway trouve d’ailleurs cette unité de mesure plus logique que celle des participations cotées.

Qu’à vendu Berkshire Hathaway?

Au premier trimestre, la société s’est complètement délestée de ses quatre compagnies aériennes, soit :

  • 11% dans Delta Airlines
  • 10 % dans American Airlines
  • 10 % dans Southwest Airlines
  • 9 % dans United Airlines

Ceci n’est finalement pas un mal pour les actionnaires du holding au vu de l’incertitude grandissante qui entoure le secteur.

Warren Buffett a même déclaré avoir fait une erreur en investissant dans le secteur aérien : Il s’avère que je me suis trompé, le secteur du transport aérien a changé de manière très profonde.

Quel cash détient Berkshire Hathaway?

Le holding a acheté très peu d’actions pendant le krach du Covid19. Sa montagne de cash a donc augmenté de 10 milliards pour s’établir à 137,3 milliards.

Pourquoi c’est important : C’est un contraste avec la crise financière de 2008, lorsque la société d’Omaha a plongé dans ses vastes réserves de liquidités pour acheter des actions privilégiées, très lucratives, et sauver des entreprises au bord de l’effondrement, note Bloomberg

Warren Buffett est par ailleurs toujours en quête de son acquisition éléphantesque dont il rêve depuis des années.

On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la société n’a pas dégainé pour procéder à des achats massifs sur les marchés pendant le krach du Coronavirus…

Peut-être s’attend-elle tout simplement à un deuxième effet kiss cool, soit une rechute, pour enfin prendre position.

Les perspectives d’avenir

Dans le rapport trimestriel du holding, on peut lire ceci :

As efforts to contain the spread of the Covid-19 pandemic accelerated in the second half of March and continued through April, most of our businesses were negatively affected, with the effects to date ranging from relatively minor to severe,

Berkshire hathaway

Le holding estime donc qu’il sera difficile d’évaluer l’impact réel de la pandémie sur ses comptes, ses participations et ses activités. Mais le milliardaire reste malgré tout très optimiste pour l’avenir post-covid19.

Selon lui, la magie américaine prévaudra toujours. Il a même ajouté : je parierai sur l’Amérique pendant le reste de ma vie, pour ensuite conclure avec sa célèbre maxime ne pariez pas contre les États-Unis.

Conclusion

Il sera très intéressant de voir les résultats de Berkshire Hathaway au deuxième trimestre. Le S&P 500 a en effet connu sa meilleure performance mensuelle depuis des dizaines d’années au mois d’avril 2020, avec une remontée de plus de 25%.

La “perte” de 50 milliards risque donc d’être déjà en partie épongée par cette embellie sur les marchés boursiers sauf si… ceux-ci rechutent d’ici la fin du deuxième trimestre !

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