Invesco, Un Gestionnaire d’Actifs De Renommée Mondiale Décoté ?

En résumé :

  • Invesco est le 4ème fournisseur d’ETF au monde
  • La société possède en totalité 1.200 milliards de $ d’actifs sous gestion
  • L’action pourrait être en décote suite à la baisse du cours de ces derniers mois

La gestion discrétionnaire a été sous pression ces dernières années. Les causes? Des courtiers de moins en moins chers, qui donnent envie aux investisseurs de prendre leur destin en main, et la mode de l’investissement passif grâce aux ETF’s, notamment. Ces tendances grignotent littéralement les marges des gestionnaires de portefeuilles actifs, comme Invesco.

Plusieurs études ont d’ailleurs prouvé que les assets managers ne battaient leur indice de référence (CAC40 ou BEL20 par exemple) que dans 8% des cas. Les 92% restant font donc moins bien qu’un simple tracker qu’on achèterait et qu’on laisserait évoluer au gré des marchés boursiers.

Logo de Invesco

Invesco est l’une de ces grosses sociétés américaines qui se situent entre les deux tendances : gestion active et gestion passive. Elle a heureusement pu saisir la balle des ETF au bond pour devenir un acteur presque incontournable du secteur, au côté de grands noms comme Ishares, SPDR ou Vanguard.

Les 5 plus grands fournisseurs de trackers (ETF) au monde :

  1. BlackRock (Ishares), avec 1.554 milliards de $
  2. Vanguard, avec 1.008 milliards de $
  3. State Street Corp (SPDR), avec 640 milliards de $
  4. Invesco, avec 203 milliards de $
  5. Charles Schwab, avec 142 milliards de $

On voit qu’Invesco n’est pas mal placé, avec 203 milliards de dollars américains en ETFs. La société possède par ailleurs le 5ème plus gros tracker au monde : l’Invesco QQQ Trust, qui pèse à lui seul 75 milliards de dollars. Cet ETF réplique l’évolution de l’indice Nasdaq-100.

Mais passons aux maths : si l’on considère des frais moyens de 0,60% par ETF, on arrive à environ 1,2 milliard de $ de chiffre d’affaire pour le département trackers d’Invesco, sur un total de 5,3 milliards en 2018. Quant au bénéfice net, il s’établissait à 883 millions, avec un Return to Equity d’environ 10%.

Précisons aussi que le total des actifs sous gestion de la compagnie s’élève à 1.200 milliards de $.

La chute de l’action Invesco

Le 24 mai 2019, Invesco avait procédé au rachat de OppenheimerFunds à MassMutual. On se souvient que le marché n’avait pas apprécié. L’action passant d’un prix de 20,42$ le jour du bouclage de l’opération à 15,2$ au plus bas, vers la mi-août 2019. Depuis, le cours a quelque peu repris ses esprits en remontant à 17,45$.

Il faut dire que MassMutual est essentiellement un gestionnaire discrétionnaire, c’est-à-dire qui gère activement les fonds de ses clients. C’est un des points qui a effrayé les actionnaires.

Invesco est donc en équilibre entre deux chaises : une grosse partie de gestion active, en déclin, heureusement fortement contrebalancée par de la gestion passive, avec son département trackers/ETF.

La décote d’Invesco

N’empêche. Si l’on se base sur les chiffres de l’année dernière pour calculer son P/E ratio, on n’arrive qu’à 6,8… Idem pour le ratio cours/valeur comptable, qui est de 0,83.

Le rachat d’OppenheimerFunds bouleversant toutes les prévisions, on peut difficilement partir de ces chiffres pour savoir sur quel pied danser en 2020.

Au prix actuel, il se pourrait malgré tout que le titre fasse l’objet d’une décote. La récente acquisition devrait évidemment apporter de belles économies d’échelle et des synergies intéressantes aux deux parties.

Un rendement de dividende attractif

Invesco paie trimestriellement un dividende de 0,31$. Au cours actuel de 17,45$, cela représente un rendement de 7,10% brut. Pas mal donc. Si on retire le double précompte, (Américain d’abord, puis Belge – ou Français), avec l’accord de double imposition, on arrive à 0,74$ net annuel (sur les 1,24$ brut de base).

Bref, après avoir payé les taxes, il reste tout de même un confortable rendement de dividende de 4,2% net dans la poche de l’investisseur.

La société générant d’abondants cash-flow, ce dividende est probablement soutenable pour les années à venir.

Conclusion

Les investisseurs patients pourront miser quelques billes dans Invesco, en visant le long terme. Le temps que les synergies avec OppenheimerFunds soient toutes d’application, les marges de la société seront en effet sans doute érodées à court et moyen terme.

Avertissement : Cette analyse est une indication, et aucunement un conseil d’achat. Par conséquent, l’auteur ne pourra être tenu responsable en cas de pertes sur le(s) produit(s) concerné(s). Tout investissement comporte des risques de pertes. Pour plus d’infos, voyez nos mentions légales.

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2 Comments

  1. Lissandron Jean Marie

    toujours très intéressant, je vous suit depuis plusieurs années et j’apprécie vos analyses.
    Cordialment.

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