Après avoir lu l’excellent livre “le monde sans fin“, de Jean-Marc Jancovici (l’inventeur du bilan carbone), j’ai voulu dresser un petit topo énergétique en l’an de grâce 2022.

Les énergies renouvelables

Tout d’abord, et comme le souligne l’auteur, aucune énergie n’est verte, puisqu’elles nécessitent toutes d’autres énergies pour être mise en place. On parlera donc plutôt d’énergies fossiles, ou carbonées, d’un côté, et des énergies renouvelables, ou décarbonées, de l’autre côté.

Le paradoxe des énergies renouvelables, est qu’elles ne le sont plus vraiment à notre époque, étant donné qu’il faut extraire des métaux pour fabriquer les composants des panneaux solaires ou des éoliennes. Et que ceux-ci sont loin d’être si abondants sur notre planète…

Il y a 300 ans, les énergies renouvelables étaient constituées par exemple par le vent qui activait les moulins ou les navires, ou encore par le bois pour se chauffer ou construire des habitations.

Dans le monde actuel, 40% de l’électricité est produite à l’aide de centrales à charbon. Il est important de savoir que le charbon est l’énergie qui rejette le plus de CO2 dans l’atmosphère, suivie du pétrole.

C’est ainsi que l’approvisionnement énergétique global et mondial est assuré à 31% par le pétrole, à 26% par le charbon et à 23% par le gaz, soit les trois plus grandes énergies fossiles.

L’hydroélectrique, la biomasse, le nucléaire, l’éolien et le solaire sont presque insignifiants dans ce tableau, avec des taux de respectivement 6,5%, 6,4%, 4,2%, 2% et 0,9%.

Les éoliennes

Les éoliennes partent d’une bonne intention mais utilisent une énergie très diffuse – le vent – nettement moins concentrée que le pétrole. Il faut donc un grand nombre d’éoliennes pour rendre un territoire indépendant énergétiquement. Et elles prennent énormément de place…

Et c’est sans compter leur coût de production ; des tonnes de métaux, qui doivent être extraits de mines par des engins thermiques, et des dizaines de tonnes de béton armé pour le socle. Ajoutons à cela leur durée de vie assez limitée : 20 à 30 ans.

L’éolienne est l’une des énergies décarbonées qui possèdent le moins bon rendement entre le coût de l’installation et le kilowatt/heure produit. Par contre, elle possède l’un des meilleurs taux de rejet de CO2, avec seulement 10 grammes de CO2 par KW/h (en comparaison, une centrale à charbon rejette entre 800 et 1000 grammes).

Enfin, l’électricité produite par les éoliennes ne peut pas être stockée facilement.

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Les panneaux solaires

Les panneaux solaires, comme les éoliennes, nécessitent beaucoup de place. On doit donc déforester des zones boisées pour installer des champs de panneaux solaires. En procédant de la sorte, on augmente le réchauffement climatique, car les arbres et les plantes, en respirant, absorbent deux fois plus de CO2 qu’ils n’en rejettent.

En outre, ils demandent une grande quantité de métaux industriels et possèdent comme les éoliennes une durée de vie assez limitée : une trentaine d’années.

Les panneaux solaires sont l'une des énergies renouvelables qui occupent le plus de place.
Les panneaux solaires sont l’une des énergies renouvelables qui occupent le plus de place.

Les centrales nucléaires

Le nucléaire est, avec l’énergie hydroélectrique (les barrages), celle qui produit le plus de KWh pour le moins de rejets de gaz à effet de serre. On peut l’expliquer facilement par le fait que l’énergie atomique est extrêmement concentrée.

Si vous bombardez un atome d’uranium 235 avec un neutron, vous fracturez son noyau. C’est ce qu’on appelle la fission nucléaire, et cette fission produit énormément d’énergie, c’est-à-dire de chaleur, quand elle est produite en série.

Avec une infime quantité d’uranium légèrement enrichi, à 3%, on peut donc produire une chaleur très intense, qui peut fournir de l’électricité à des centaines de milliers de bâtiments.

Nous allons passer rapidement sur les barrages, qui, même s’ils sont efficaces, requièrent beaucoup de place et ne peuvent pas s’installer n’importe où.

Se déplacer : le train, la voiture ou le vélo électriques

La voiture électrique est un moyen intéressant de se déplacer en rejetant moins de CO2 dans l’atmosphère, mais à deux conditions : elle doit être assez petite et légère, et l’électricité utilisée pour recharger son véhicule doit provenir de sources “moins carbonées” (centrales nucléaires ou barrages par exemple).

Le vélo électrique possède un impact carbone bien plus faible qu’une voiture électrique mais permet de faire des trajets moins longs et de transporter moins de personnes ou de marchandises. À titre de comparaison, une bicyclette électrique rejette 100 fois moins de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qu’une voiture classique.

Il est à noter que si nous voulions remplacer immédiatement l’intégralité du parc automobile mondial par des voitures électriques, ce serait tout bonnement impossible, comme notre ami Contrarian Guru l’expliquait dans cet article.

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L’avion : à proscrire

Pour Jean-Marc Jancovici, l’aviation civile et de loisirs n’est pas remplaçable et doit donc être bannie définitivement car un seul trajet vers l’Amérique consomme autant de pétrole qu’une voiture à essence moyenne sur une année entière.

L’avion est d’ailleurs le mode de transport qui rejette le plus de gaz carbonique, suivi de la voiture et du train.

Se chauffer : la pompe à chaleur

La pompe à chaleur constitue l’un des meilleurs compromis entre le rendement et les rejets de gaz à effet de serre. Elle n’est toutefois pleinement efficace que dans un logement très bien isolé et situé dans un pays où le climat n’est pas trop froid.

Sous une température extérieure inférieure à 7 degrés, la pompe à chaleur doit en effet utiliser trop d’électricité pour fonctionner à plein régime, la rendant moins “décarbonée”.

La pompe à chaleur constitue un bon investissement parmi les énergies renouvelables.
La pompe à chaleur constitue un bon investissement.

Conclusion

Il n’existe plus vraiment d’énergies renouvelables ni d’énergies “parfaites”. Toutes les sources énergétiques sont soit polluantes, soit pas faciles à produire, soit impossible à stocker, soit pas assez concentrées, voire un mix de tout cela à la fois.

Pour éviter un réchauffement climatique qui rendrait un bon tier de la terre inhabitable entre 2050 et 2100, le GIEC nous dit qu’il faudrait diminuer les émissions de 4% par an jusqu’en 2050. Or, on sait que la croissance du PIB (qui est nécessaire pour payer les pensions ou éviter un taux de chômage trop important par exemple) est fortement corrélée aux émissions de gaz à effet de serre.

Il faudra donc faire de (gros) sacrifices matériels dans les années à venir, car on ne peut pas avoir à la fois une croissance économique dopée à l’énergie bon marché (pétrole, charbon, etc) et à la fois parvenir à cet objectif ambitieux de zéro carbone à l’horizon 2050. C’est tout simplement impossible en gardant nos habitudes de consommation et de croissance.

C’est un fait : vous devrez sans doute faire une croix sur votre pâte à tartiner enrichie à l’huile de palme indonésienne et vos vacances en avion aux îles Canaries, sous peine d’obtenir une planète qui deviendra rapidement inhospitalière à ce rythme infernal.

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