Peut-on vraiment analyser un rapport annuel en quelques minutes? Peter Lynch explique, dans son excellent livre Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse, comment il procède pour effectuer une courte analyse afin de garder les bons dossiers et d’écarter les mauvais.

Comme le souligne Peter Lynch, les premières pages d’un rapport annuel, en papier glacé, sont les moins intéressants. Elles se résument généralement à la présentation et à l’historique de la société, ainsi qu’à quelques jolies photos.

L’investisseur avisé préférera passer directement à la fin du rapport, là où l’on trouve les chiffres. Ce sont eux qui sont véritablement importants.

Analyser un rapport annuel

Dans son livre, Peter Lynch prend pour exemple le rapport annuel de Ford. Les chiffres que vous découvrirez ci-dessous sont donc obsolètes à l’heure actuelle, mais ne sont là que pour l’exemple.

Sans perdre de temps avec les premières pages du rapport, il passe directement à la page du bilan consolidé (consolidated balance sheet), généralement imprimé sur un papier de moins bonne qualité.

C’est une règle générale dans les rapports annuels : moins le papier est luxueux et plus l’information a de la valeur.

Peter lynch

Les liquidités

Le bilan comprend les deux colonnes habituelles ; l’actif à gauche et le passif à droite.

Pour bien analyser un rapport annuel, il faut d'abord s'intéresser aux liquidités
Les liquidités, une protection contre la faillite

Dans l’actif, il remarque que la société possède 5,67 milliards de dollars en liquidités (cash) et plus de 4,42 milliards en titres négociables.

En additionnant les deux chiffres, il obtient les liquidités totales du groupe, soit 10,1 milliards environ.

En comparant ce montant à celui des années antérieures, il constate que Ford a bien rempli sa mission en remplissant ses caisses de façon récurrente.

C’est un bon signe et cela démontre une certaine solidité financière, qui est très appréciable.

Lire aussi : Comment Acheter Des Actions? Le Guide Pour Débutants

Les dettes à long terme

Il s’intéresse ensuite à la deuxième moitié du bilan, et précisément à la ligne dettes à long terme (long-term debt). Il remarque qu’elles atteignent 1,75 milliards de dollars, soit nettement moins que l’année précédente.

La réduction progressive de l’endettement est un facteur très important pour analyser un rapport annuel. Dans ce cas, le feu est vert.

Retenez que quand les liquidités augmentent par rapport à l’endettement, le bilan s’améliore. Dans le cas contraire, il se détériore.

Peter Lynch soustrait ensuite ces dettes à long terme des liquidités (10,1 milliards – 1,75 milliard). Il obtient 8,35 milliards, qui constitue la position nette de Ford (net cash position).

Comme le fait remarquer l’investisseur légendaire, si les liquidités sont supérieures à l’endettement, c’est une situation très favorable car, quoiqu’il arrive, l’entreprise ne fera pas faillite.

Fragile ou solide, c’est tout ce qu’on cherche à savoir à ce stade de l’analyse.

Les dettes à court terme

Et les dettes à court terme alors (short-term debt)? Faut-il en tenir compte pour analyser un rapport annuel rapidement?

Dans l’exemple de Lynch, Ford avait des dettes à court terme égales à 1,8 milliard.

En fait, le CEO du fonds Magellan ne tient tout simplement pas compte des dettes à court terme car il considère que les autres actifs du groupe, comme les stocks, sont largement suffisants pour les couvrir.

Lire aussi : Les Limites Du PER, ou Price Earning Ratio

Les liquidités nettes par action

L’auteur passe ensuite à la partie du rapport qui fournit une vision sur 10 ans. Il contrôle le nombre d’actions en circulation (shares outstanding) et examine si le nombre s’est réduit. Si c’est le cas, c’est plutôt une bonne nouvelle ; cela signifie que la société a racheté ses propres actions, augmentant ainsi le bénéfice net par action (earnings per share).

Il divise ensuite les 8,35 milliards de liquidités par le nombre d’actions en circulation (511 millions dans l’exemple), et obtient 16,30. On en déduit donc qu’à chaque action Ford correspond 16,30$ de liquidités nettes.

Les liquidités par action sont importantes car elles peuvent être considérées comme du bonus déductible du cours de l’action.

Si par exemple une action cote 38$ et que les liquidités par action s’élèvent à 16,30$, on calculera le ratio cours/bénéfices non pas sur 38$ mais sur 21,70$ (38 – 16,30), ce qui donnera un PER (ratio cours/bénéfices) beaucoup plus faible et donc plus intéressant.

Où trouver les rapports annuels?

Il n’existe qu’un seul endroit fiable pour trouver et analyser un rapport annuel : son site Internet officiel.

Certes, ces chiffres sont aussi disponibles sur certains sites spécialisés comme MorningStar ou encore ZoneBourse, mais je le répète : la seule source fiable à 100% est le site officiel de la société, dans la partie investor relations, ou relations investisseurs en français.

Conclusion

Vous connaissez maintenant la formule de Peter Lynch pour analyser un rapport annuel en très peu de temps.

Mais attention, cette méthode ne sert qu’à réaliser un premier débroussaillage. Son plus gros avantage est qu’elle permet d’écarter les sociétés dangereuses en quelques minutes.

Une fois votre liste d’actions attirantes pré-établie grâce à ce défrichage, le vrai travail d’analyse fondamentale, plus en profondeur, peut commencer…

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