Le point sur les principales biotechs belges en 2018

Nous sommes presque en octobre. Il est tentant de vérifier ce que nous avions pressenti lors de nos analyses des biotechs belges. Pour rappel, vous pouvez retrouver ici les liens vers chacun des articles précédents.

Commençons par Ablynx, avec une conclusion heureuse

Comme prévu, la société a bel et bien été rachetée et intégrée par Sanofi, avec une offre de 45€ par action. Une belle récompense pour l’ex-biotech (et pour ses actionnaires) ; elle le méritait bien.

ArGEN-X : après un envol impressionnant, une petite poussée de fièvre…

Nous écrivions que la biotech allait sans doute poursuivre sa remontée. Le cours était alors de 65€. Depuis, elle a fait son entrée dans le Bel 20. En quelques mois, le titre est passé de 15€ à plus de 82€… avant de retomber lourdement sous les 70€, suite à un apport de capital de 300,6 millions de dollars. De quoi s’inquiéter pour la biotech ? Pas vraiment, selon nous, car cet apport, forcément dilutif, devrait permettre à la biotech d’accroître son développement à moyen-terme.

On rappellera d’ailleurs qu’à la fin 2017, plusieurs analystes visaient un objectif de cours à 29,89€. Bien sûr, la chute récente du cours peut interpeller, mais nous y voyons plutôt une opportunité d’achat. En effet, selon nous, sauf immense déception toujours possible, Argen-x a toutes les chances de poursuivre son envolée et d’effacer lors de ses prochains bilans sa migraine boursière actuelle. Son pipeline reste une valeur sûre.

Asit, les vieux démons ont-ils réellement disparu ?

Nous nous étions méfiés de cette biotech en attente de commercialisation de produits en cours de développement et pour qui l’obtention de partenaires était un enjeu majeur. Les shorteurs pouvaient alors s’en donner à cœur joie. De fait, lors de la rédaction de notre analyse, le cours oscillait autour de 5,20€.

La voici aujourd’hui à 3,20€. Pourtant une possible embellie se dessine, avec la confirmation des résultats de la phase III du produit phare gp-ASIT en 2019. C’est bien, mais quelles en seront les conclusions ? Nous le disions depuis le début : investir dans Asit, c’est un simple pari.

Biocartis, la meilleure opportunité parmi les biotechs ?

A cette heure, convenons que nous nous sommes trompés. Biocartis cotait à l’époque à 13,32. Aujourd’hui l’action n’en vaut « plus que » 12,34… Nous étions très optimistes sur ce titre… et continuons de l’être. Biocartis, fort de ses partenariats et de ses avancées scientifiques, finira par percer la coque qui la retient encore.

Elle reste selon nous la biotech belge la plus prometteuse, même s’il faudra un peu de temps pour la voir grimper. N’oublions pas que le virus Ebola refait surface et que ses plates-formes Idylla se vendent à la pelle aux Etats-Unis. Dans l’attente du prochain bilan…

Bone Therapeutics

Notre conseil était de rester à l’écart… Le cours était alors de 9,76€. Depuis, la biotech a séjourné parmi les montagnes russes : des allers-retours entre 11,70€ et 9,11€, soit le cours d’aujourd’hui.

Il subsiste donc cette difficulté durable d’obtenir la confiance des investisseurs. Il faut avoir le cœur solide pour y investir, en effet.

Celyad, l’autre champion des montagnes russes… qui descendent

Lorsque nous avons publié notre analyse, l’action Celyad cotait à 33,50, après des soubresauts impressionnants entre 15 et 51€. La moyenne, en somme. Nous avions conseillé des achats avec prudence et un regard constant sur les nouvelles de son pipe-line. Mais, depuis, le titre n’a pas cessé de s’enfoncer. Il se trouve aujourd’hui à 23,40, quasiment son plus bas depuis un an.

La biotech semble atone. Mais, on le sait, 2019 sera une année capitale pour sa survie… (notamment sa publication des résultats, le 18 novembre prochain). Il faudra surveiller cette date, car les heures qui suivront risquent d’être chahutées. On peut tenter le coup, à condition d’avoir les reins solides. D’autant qu’aucune nouvelle ne se profile à l’horizon…

Galapagos, une valeur qui s’est confirmée

Lors de la rédaction de l’article, nous affirmions que, selon nous, il n’y avait pas grands risques à investir dans cette action qui cotait à 82,5€. Elle est aujourd’hui à 96,76€ et a même atteint récemment les 100€. Notre conseil d’investir était pleinement justifié. Mais aujourd’hui, nous serions plus prudents. Le titre est cher et a, selon nous, atteint sa valeur quasi-maximale selon les critères actuels.

MDXHealth : fragile, comme la plupart de ses consœurs

Lors de la publication de notre article, le cours avoisinait les 4€. Les analystes entrevoyaient en moyenne un prix-cible à 6€ . Nous nous positionnions à l’achat, mais avec prudence, tant les sauts d’humeurs des marchés étaient fréquents et importants. Depuis, le cours a stagné sous les 4€ avant de retomber, ces derniers jours, à 2,80€ !

Une remontée timide est en cours, mais cette baisse soudaine nous permet d’ajouter à nos conclusions le bon-vouloir concerté des shorteurs qui désignent leur cible grâce à de nombreux critères, notamment une longue période sans évolution.

Mithra, une année magique, puis une autre moins

Nous avions conclu notre article en suggérant que le titre avait peut-être atteint son « juste niveau ». Considérant que les patient(e)s-cibles » étaient particulièrement nombreux, nous pensions néanmoins que le titre allait progresser à terme. A l’époque, le cours de l’action avoisinait les 24,7€. En mai, elle s’est envolée jusqu’à 37,45 (en mai 2018), mais est ensuite retombée à 31€.

Il reste que, sauf très mauvaise nouvelle, le cours a toutes les chances de maintenir le cap. Ce qui signifie que nous serions plutôt « à conserver » et acheter en cas de repli vers 25€.

Tigenix

Lorsque nous avons publié notre article, l’offre d’achat de Takeda était déjà sur la table, et a fini par se réaliser. L’action a depuis juillet été radiée d’Euronext Bruxelles et le sera bientôt aux Etats-Unis. Pas de surprise : le cours d’alors était de 1,78€, et c’est à ce niveau qu’il est resté jusqu’à sa radiation.

Thrombogenics (Oxurion)

Nous étions à l’écart sur ce titre, en raison des ventes décevantes du produit-phare ophtalmologique aux Etats-Unis (le Jetrea). L’action valait alors 4,62€. Puis, le titre s’est littéralement envolé, à la suite d’annonces prometteuses, notamment pour le second produit-phare. C’est dire : le titre a grimpé jusqu’à 10,20€ à la mi-juillet.

Mais, après quelques jours, la baudruche dégonflée avait provoqué une chute vertigineuse, jusqu’à atteindre un cours de 6,20€ ! Aujourd’hui, le cours est de 5,71€… Nous exprimions que la société manquait de visibilité dans sa communication et ses stratégies. On ne pouvait pas mieux dire !

Conclusions

Suite à la rédaction de nos dossiers sur les biotechs belges cotées à Bruxelles, entre janvier et avril 2018, nous pouvons dresser un premier bilan :

Les biotechs qui avaient déjà confirmé l’homologation de produits-phares et leur commercialisation ont continué à bien se porter. Galapagos, ArGEN-X (malgré ses récents aléas), sans oublier Ablynx, rachetée par Sanofi.

MDXHealth, en revanche, n’a pas réellement convaincu, malgré sa présence aux Etats-Unis. Le motif en est double, selon nous. Tout d’abord, il est le fait d’une trop grande diversité de produits en cours. Ensuite, elle est victime du piège d’une biotech qui dépasse le stade du financement des processus de recherche pour vivre de ses ventes, et qui connaît ensuite des bilans commerciaux mitigés.

Mithra, quant à elle, est en passe de rejoindre cette sérénité. Il lui faudra pour cela balayer les dernières incertitudes, mais la biotech n’est plus très loin de son fonctionnement autonome.

Il reste pour nous le « mystère » Biocartis, qui nous apparaît sans doute comme la biotech la plus sous-évaluée du secteur. Plus discrète que beaucoup de ses consœurs, elle ne manquera pas de s’envoler dans l’avenir. Son atout : elle est détentrice de ses plates-formes qu’elle vend à tour de bras aux Etats-Unis. Ses secteurs de recherches sont incontournables et, surtout, elle compte dans ses rangs des scientifiques de très grande renommée.

La situation des biotechs qui parient sur le succès des homologations scientifiques de leurs produits est tout autre. A court terme, elles alternent bonnes et mauvaises nouvelles sur fond de commercialisation possible à long terme. Elles cumulent donc de gros investissements en recherche et développement, qui fragilisent leurs bilans.

Ces sociétés, si elles peuvent espérer l’OPA, finissent par décourager l’investisseur lorsque aucune opportunité d’achat ne se manifeste après une longue période. Asit, Bone Therapeutics, Oxurion (ex-Thrombogenics) et Celyad sont dans ce cas. Peut-être que l’une d’entre-elles connaîtra le succès, mais elles resteront encore un temps dans le tourbillon volatile des résultats, bilans, et autres annonces. Du pain bénit pour les shorteurs.

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