Le mouvement Robinhood a vu le jour après l’avènement du courtier éponyme aux États-Unis. Ce broker propose la gratuité des opérations de bourse, la possibilité de fractionner une action en petits morceaux et une application “fun”. Les jeunes investisseurs se sont rués sur l’occasion, avec toutefois certaines dérives…

Logo Robinhood

Pendant le confinement, beaucoup de jeunes américains ont trouvé le temps long. Pour s’occuper, ils ont créé massivement des comptes chez des courtiers en ligne, et notamment chez Robinhood. Ce broker a ajouté le nombre hallucinant de 3 millions de nouveaux comptes à sa plateforme lors du premier trimestre 2020.

Au cours du Covid-19, les Robinhood ont donc grandement amplifié un mouvement amorçé il y a plusieurs mois, au point de devenir une force de frappe très importante sur les marchés financiers.

Croyez-le ou non, mais ces jeunes ont le pouvoir d’influer sur les prix des actions autant que des hedge funds ou que des investisseurs institutionnels. Ils ont certes des moyens financiers plus restreints, mais possèdent l’avantage numérique : ils sont des millions.

Mais qui sont les Robinhood?

Les Robinhood sont jeunes, très jeunes. Leur âge va de 10 ans, voire moins, à une vingtaine d’années ou plus. Ces jeunes traders ont commencé en masse leurs activités après avoir reçu les fameux chèques à la relance du gouverment américain.

Comme il s’agit d’argent qu’ils n’ont pas du gagner à la sueur de leur front, ils essaient d’en tirer un rendement maximal en prenant le maximum de risque.

Le but du Robinhood n’est pas d’investir, mais de trader à très court terme pour engranger le maximum d’argent en un minimum de temps.

On pourrait résumer le crédo des Robinhood comme ceci : ça passe ou ça casse. Si ça passe, tant mieux. Et si ça casse, tant pis.

Les Robinhood considèrent qu’après tout, ce n’était pas vraiment leur argent, même s’il l’était finalement devenu.

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Qu’achètent les Robinhood?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Tesla avait atteint la cote très élevée de 1000$ et pourquoi Carnival Corp. faisait du yoyo entre +15% le lundi et -10% le mardi, sans raison apparente?

Hertz : une des actions favorites des Robinhood

Plus étonnant encore : vous avez peut-être remarqué des actions comme Hertz, qui, bien qu’en situation de Chapter 11 (faillite virtuelle), peuvent encore grimper de plus de 110% en une seule séance, et même parvenir à faire souscrire pour 400 millions de dollars de nouvelles actions?

Tout ces mouvements insolites sur les marchés sont en général provoqués par des Robinhood.

Certains, un peu moins jeunes, comme Dave Portnoy, sont tellement galvanisés par leurs performances à court terme qu’ils remettent même en cause celles de légendes de la bourse comme Warren Buffett :

Je suis sûr que Warren Buffett est un mec génial mais pour les actions, il est rincé. Je suis le capitaine maintenant.

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Dave part du principe qu’il suffit d’acheter les croisiéristes, comme Carnival, et les compagnies aériennes américaines pour s’enrichir rapidement.

Mais Dave… pensez-vous que votre performance de +20% depuis le mois de mars est plutôt due à votre talent d’investisseur, ou aux interventions de la Réserve Fédérale Américaine? Je pense que c’est une question importante qu’il convient de se poser.

Les dérives du mouvement

Le mouvement Robinhood est certes intéressant à observer, mais il n’est pas sans danger. Certains de ces jeunes traders autoproclamés ne font pas qu’acheter des actions Tesla ou Snapchat : ils misent gros sur des produits dérivés.

Le 12 juin, l’un d’entre-eux, Alexander Kearns, s’est suicidé après avoir constaté que son compte Robinhood était descendu en négatif de 730.165 dollars.

Il avait alors mis fin à ses jours en laissant une lettre pour ses parents sur son clavier d’ordinateur, dans laquelle on y trouvait ce questionnement :

Comment un jeune de 20 ans sans revenu a-t-il pu obtenir un effet de levier de près d’un million de dollars?

Alexander s’était en fait lancé dans la négociation d’options, et plus précisément dans l’achat et la vente de put, sans avoir aucune idée de ce qu’il faisait, comme il l’explique dans sa lettre d’adieux.

Le pire dans cette histoire, c’est que le compte de Kearns était sans doute temporairement négatif, le temps que les actions sous-jacentes aux options apparaissent sur son compte, le lundi suivant.

La bourse n’est pas un jeu

On ne le répétera jamais assez : la bourse n’est pas un jeu. C’est un milieu impitoyable qui peut broyer vos économies et vous atteindre psychologiquement si vous vous jetez à l’eau sans savoir exactement ce que vous faites et sans connaître parfaitement les états financiers des sociétés que vous achetez.

C’est d’ailleurs pour cela que je déconseille depuis des années l’investissement dans les produits dérivés ou dans les formations bidons qui pullulent sur la toile ainsi que dans les stratégies d’investissement qui relèvent plus de la prédiction divinatoire que de l’investissement, comme l’analyse technique.

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