Sberbank (OTC: SBRCY) est de loin la plus grosse banque russe. Elle compte 291.726 employés et possède presque la moitié du marché bancaire russe à elle toute seule. Sberbank est-elle sous-évaluée? Est-ce un investissement intéressant? Je tente d’apporter quelques réponses dans cet article.

Avec un ratio cours/bénéfice (PER) d’à peine 5,5 et un ratio cours/valeur comptable (PBR) de 1,2, combiné à un rendement de dividende de 7,1% brut, on pourrait être tenté de dire que, oui, Sberbank of Russia est peut-être sous-évaluée actuellement.

La réponse doit être un peu plus nuancée car Sberbank opère essentiellement en Russie et dans les pays de l’Est, pays plus ou moins fortement touchés par la corruption. On retrouve donc généralement une décote logique de quelques pourcents, voire plus, pour les actions russes, car leur niveau de risque est plus élevé également.

Comme beaucoup de ses consoeurs, Sberbank concentre ses activités autour de 3 pôles d’activités : banque commerciale, banque de détail et banque de marché. Mais voyons les chiffres plus en détail…

Quelques ratios (impressionnants) de Sberbank

Avec une capitalisation boursière de 7,4 milliards USD, Sberbank est de loin la plus grosse banque russe. Elle truste aussi la première place via ses parts de marché : entre un quart et la moitié du marché bancaire russe, selon le type d’activité commerciale.

Nous l’avons vu, en plus d’avoir un PER et un PBR assez faibles, la banque possède aussi un ROE (Return On Equity) très élevé de 23,1% (en 2018). À titre d’exemple, deux des banques les plus rentables d’Europe de l’Ouest, ING et KBC, possèdent un ROE de respectivement 9,3% et 13%.

Au plus fort de la crise pétrolière russe, en 2015, Sberbank avait même réussi l’exploit de conserver un Return On Equity supérieur à 10%, comme le montre le graphique ci-dessous.

Quant aux taux de croissance du bénéfice, il s’est élevé à 12,8% sur les dix dernières années. Il s’agit de l’un des plus élevés du secteur bancaire.

Return On Equity et bénéfice net de Sberbank

Sberbank est contrôlée par l’état russe

Comme Gazprom, Sberbank est contrôlée majoritairement par l’état russe, qui possède 50,1% des actions. Comme je le dis souvent, c’est à la fois un avantage est un inconvénient. L’avantage est que l’état russe tient à conserver ses dividendes à tout prix. Il a d’ailleurs un objectif de 50% de Pay Out Ratio pour Sberbank, et s’y tient.

L’inconvénient est que le petit actionnaire n’a aucun contrôle pour les prises de décisions importantes, notamment pendant les assemblées générales.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’action se négocie avec un rabais actuellement.

Le fameux rabais russe

Le marché boursier russe est pour le moment l’un des plus sous-évalué au monde. En moyenne, les grosses capitalisations russes ont un PER d’à peine 5, et un ratio cours/valeur comptable en-dessous de 1.

On peut comparer ces chiffres avec les Etats-Unis où l’on constate l’inverse : le marché est totalement surévalué, avec un PER moyen de 20 et un ratio cours/valeur comptable de plus de 3.

Il existe donc en Russie des opportunités pour les investisseurs qui n’ont pas froid aux yeux, car la Russie se trouve dans le haut du classement des pays les plus corrompus. L’investissement y est donc plus dangereux.

Ce deuxième point justifie une partie du rabais sur Sberbank en particulier et sur le marché boursier russe en général.

Les pays du monde les plus corrompus. Sberbank est située en russie où la corruption est assez élevée.
Source : statista.com

Comment couvrir l’immensité de la Russie?

Avec 17 millions de kilomètres carrés, la Russie est le pays le plus étendu au monde. Sberbank mise donc fortement sur ses applications pour mobiles, en forte croissance, pour assurer sa pérennité.

Elle investit en outre dans des moyens originaux jamais vus en occident pour couvrir les zones les plus reculées du pays : des minis-agences rurales ou des “bureaux bancaires mobiles”. Il s’agit en fait d’une camionnette dans laquelle vous pouvez rencontrer votre conseiller bancaire.

Je vous le disais : du jamais vu en Belgique ou en France… !

Les recommandations des analystes

Parmi les 16 analystes qui suivent Sberbank, 6 recommandent d’acheter, 9 recommandent de renforcer et 1 recommande de conserver. Aucun d’entre eux n’est positionné sur “alléger” ni sur “vendre”.

Comme d’habitude, les recommandations des analystes ne sont qu’une indication parmi tant d’autres, et certainement pas parole d’évangile.

Conclusion

Je n’ai aucune action bancaire car je pense que le secteur est à éviter comme la peste. Sberbank pourrait (peut-être) constituer une exception dans mon portefeuille à cause de son rendement très élevé et de sa faculté à traverser les crises sans trop de difficultés.

Disclaimer : Cette analyse est une indication, et aucunement un conseil d’achat. Par conséquent, l’auteur ne pourra être tenu responsable en cas de pertes sur le(s) produit(s) concerné(s). Tout investissement comporte des risques de pertes. Pour plus d’infos, voyez nos mentions légales.

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