TOUT Savoir Sur Les Trackers : PEA, Réplication, Liquidité, Domiciliation, Places Boursières, KID… Vraiment Tout!

Les trackers, aussi appelés “ETF” – pour Exchange Traded Fund – sont des produits financiers qui peuvent se négocier en bourse aussi facilement que n’importe quelle action. La finalité d’un tracker est de suivre comme son ombre le cours du sous-jacent qu’il réplique. Par exemple, un tracker sur le CAC 40 vous permet d’acheter en une seule transaction les 40 sociétés qui composent l’indice français.

Acheter un ETF comporte plusieurs avantages non-négligeables :

  • Vous économisez en frais de courtage car vous ne passez qu’une seule transaction au lieu de plusieurs dizaines pour acheter de nombreuses actions.
  • Vous diversifiez votre portefeuille en diminuant son risque, puisque si l’une des sociétés qui composent le panier de votre tracker faisait faillite, elle serait immédiatement remplacée par la suivante par le gestionnaire du tracker.
  • Vous gagnez en frais de gestion par rapport à un Fonds classique puisque le tracker ne comporte ni frais d’entrée ni frais de sortie autre que les frais de votre courtier et la TOB (Taxe sur les Opérations Boursières). En outre, les frais de gestion annuels sont bien moins élevés que ceux des Fonds : en général entre 0,05% et 0,65%.

Que peuvent répliquer les trackers?

Absolument tout. Les ETFs peuvent répliquer n’importe quel panier de produits cotés en bourse. En général, ils sont repris dans l’une des six larges catégories suivantes :

  • Actions
  • Obligations
  • Métaux précieux
  • Matières premières
  • Immobilier
  • Devises

Comment trouver un tracker?

Pour chercher un ETF, il faut utiliser soit Google – si on connaît à l’avance celui qu’on veut – soit un screener d’ETFs. J’explique en détails comment les chercher et les trouver dans l’article ci-dessous :

Comment Chercher Un ETF Facilement Et Évaluer Sa Qualité?

Les frais du tracker

Le nerf de la guerre. Les frais d’un ETF, aussi appelés expense ratio ou total expense ratio en anglais, sont peut-être le point le plus important lors d’un choix.

Même si ça n’y paraît pas au premier abord, il existera une grande différence de rendement après plusieurs années entre un tracker à 0,07% et un autre à 0,60%. Certes, la différence réelle n’est que de 0,53%, mais l’écart se creusera petit à petit pour finir par s’élever à une grosse somme si vous conservez votre ETF pendant 20 ans.

Je pense que ceux qui achètent des trackers avec des coûts très bas obtiendront en moyenne de meilleurs résultats que les gens qui achètent des fonds qui ont des coûts plus élevés. C’est mathématique.

Warren Buffett

Le type de réplication

Il existe deux types de trackers :

  1. Les trackers à réplication physique
  2. Les trackers à réplication synthétique

Dans le premier cas, le gestionnaire possède réellement les actions du panier d’actions qui est reproduit par l’ETF.

Dans le deuxième cas, il reproduit artificiellement le cours de ce panier en passant par des produits SWAP.

Les trackers à réplication physique sont à privilégier car nettement moins risqués. C’est aussi pour cette raison que leurs frais sont légèrement plus élevés que ceux des versions synthétiques.

Lire aussi : Quels Sont Les 3 Meilleurs ETF Chine Pour Anticiper La Fin Du Coronavirus ?

L’âge de l’ETF

Comme le vin qui peut se bonifier avec l’âge, plus un tracker est vieux, mieux c’est. En effet, un ETF jeune peut toujours être rapidement retiré de la cotation s’il ne rencontre pas le succès escompté. Plus le tracker est âgé, plus les chances qu’il soit délisté sont faibles.

Généralement, on classifie les ETFs en 3 âges distincts :

  • Plus de 1 an (jeune)
  • Plus de 3 ans (mûr)
  • Plus de 5 ans (vieux)

C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes

proverbe populaire
C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes : avec les trackers c'est exactement pareil.

Distribution ou capitalisation?

Un autre point extrêmement important. Les ETFs peuvent être de deux types :

  1. Distribution des dividendes
  2. Capitalisation des dividendes (se dit accumulation en anglais).

Dans le premier cas, il distribue les dividendes à des périodes de temps variables (soit de façon annuelle, semestrielle, trimestrielle ou encore – mais plus rarement – mensuelle).

La taille est importante

En règle générale, on considère qu’un ETF qui comprend moins de 100 millions d’euros d’actifs est petit, moyen entre 100 et 500 millions, et gros s’il contient plus de 500 millions de produits sous-jacents.

Plus le tracker est gros, plus il sera considéré comme liquide, point que nous verrons ci-dessous.

La liquidité

La liquidité est en quelque sorte la facilité de négociation d’un produit coté en bourse. Plus vos ordres d’achats ou de ventes sont exécutés rapidement, plus l’ETF est considéré comme liquide.

Privilégiez toujours les trackers les plus liquides possible ; rien n’est plus embêtant qu’attendre plusieurs heures pour qu’un ordre soit exécuté.

Les places de cotations

Il existe cinq places où sont échangés quotidiennement les trackers accessibles aux investisseurs européens. Ils sont cotés en Allemagne, au Royaume-Uni, en France et en Suisse :

  • Xetra
  • Londres
  • Euronext Paris
  • Stuttgart
  • SIX Swiss Exchange

L’émetteur de l’ETF

Il existe beaucoup d’émetteurs d’ETFs différents mais seulement 8 proposent des trackers cotés sur les marchés européens :

  • Amundi
  • Comstage
  • Deka
  • Invesco
  • iShares
  • Lyxor
  • Vanguard
  • XTrackers

Les plus solides de la liste sont Amundi, Invesco, iShares, Lyxor et Vanguard. J’évite en général les émetteurs moins connus.

Lire aussi : Les 9 ETF d’Or Encore Accessibles Aux Investisseurs Francophones

Le domicile du tracker

L’endroit où est domicilié le tracker est important, surtout pour éviter la double imposition des dividendes si vous optez pour un tracker de distribution. Les ETFs accessibles en Europe peuvent être domiciliés dans les quatre pays suivants :

  • Allemagne
  • France
  • Irlande
  • Luxembourg
L'irlande et le Luxembourg sont des paradis pour les trackers et l'imposition de leurs dividendes.
L’Irlande, ce paradis des trackers…

Retenez que les dividendes des trackers domiciliés en Irlande et au Luxembourg ne sont pas imposés localement.

Vous payez donc uniquement la taxe française ou belge de 30% sur les dividendes.

Si vous êtes français avec un compte-titres, vous pouvez bien-sûr aussi opter pour des trackers domiciliés en France puisque vous n’aurez alors pas de double précompte. Idem en cas de stockage des produits dans un PEA.

L’éligibilité au PEA

Certains ETFs sont éligibles au PEA, et d’autres pas. Pour s’en assurer, il faut utiliser ce screener d’ETF.

Là, quand vous cliquez sur l’ETF choisi, la mention savings plan ready est cochée ou décochée.

Le document-clé (KID)

Le document-clé, ou KID, est un récapitulatif de tous ces différents éléments. La directive européenne MiFIDII et son règlement PRIIP en particulier imposent aux émetteurs de trackers de traduire les KID en français, sous peine de ne pas pouvoir donner accès à leurs ETFs aux investisseurs francophones.

Le hic, c’est que peu d’émetteurs le font. Ou du moins, ne le font pas très rapidement. Le résultat est qu’énormément de trackers ont disparu des cotations chez les courtiers francophones.

Si cela vous intéresse, je décris dans cet article la manière dont j’avais contacté certains émetteurs de trackers pour leur demander de traduire certains KID, et leurs réponses respectives.

Lire aussi : Le Meilleur Investissement Pour Un Particulier Est l’Achat Régulier d’Un ETF Selon Warren Buffett

Pas d’accès aux trackers US donc?

Oui et non.

Certains émetteurs américains, comme iShares ou Vanguard, traduisent très vite leurs documents-clés. La majeure partie de leurs ETFs est donc disponible sur les marchés.

Par contre, certains autres émetteurs ne le font pas du tout.

Les trackers américains ne sont pas souvent disponibles en Europe.

Finaud comme vous êtes, vous vous dites peut-être que l’astuce consiste à ouvrir un compte dans la filiale européenne d’un courtier américain comme Interactive Broker. Et bien non, ça ne fonctionne pas non plus car votre compte aura une jolie étiquette “Europe”.

Vous trouverez donc ces produits, mais au moment où vous cliquerez sur le bouton “acheter”, la plateforme vous dira que ce n’est pas possible à cause du règlement PRIIP.

Pour des tas d’autres informations sur les ETFs, n’hésitez pas à parcourir l’article suivant :

Comment Chercher Un ETF Facilement Et Évaluer Sa Qualité?

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4 Comments

  1. un super bon résumé, je suis un grand fan des trackers.

    je me suis toujours demandé : que se passerait-il si un ETF (jeune) ne rencontrant pas le succès escompté, arretait sa cotation. Dans ce cas, il est simplement revendu à sa valeur de l’instant t je suppose? (est-ce que ca arrive souvent ?)

    • Il faut faire la différence entre délisting et liquidation.

      En cas de liquidation, l’investisseur est remboursé de la valeur nette d’inventaire de l’ETF (la somme du cours des actions qu’il contient).

      En cas de délisting, il est transféré du marché “standard”, régulé, à un marché annexe. Il perd alors presque toute sa liquidité et n’est plus accessible aux nouveaux investisseurs.

      Normalement, en cas de délisting, il y a une “closing date” avant laquelle il faut soit vendre l’ETF, soit prendre le risque de le garder.

  2. Bonjour,

    Je me suis lancé dans les ETF il y a à peine deux mois et je me demande si je n’ai pas fait une petite erreur sur mon choix.

    J’ai choisi deux trackers côtés sur Euronext Amsterdam alors qu’ils sont également côtés sur Xetra.

    Qu-est-ce que cela change en ce qui me concerne ?

    Je vous remercie !

    • Bonjour,

      Les différences sont éventuellement :

      – les frais de courtage (selon le broker)

      – le volume de négociation (la liquidité, donc la rapidité avec laquelle passeront les ordres d’achats et de ventes)

      – si le tracker est domicilié en irlande, la taxation des dividendes (si ETF de distribution), qui est en théorie plus importante en Allemagne qu’aux Pays-Bas, n’a pas d’importance car il ne sera pas doublement imposé.

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